lundi 9 mai 2011

Gadget: le Polar RCX5 aimera-t-il l'eau ?



Apparemment le nouveau cardio de Polar, le RCX5 (bientôt disponible en France), aime bien l'eau. A tel point qu'il possède un mode "swimming". Seul petit hic selon le test mis sur l'excellent blog www.dcrainmaker.com, le problème récurrent et non résolu de la ceinture du capteur qui a tendance à glisser lors des "flip turns". Evidemment, pour les nageuses qui peuvent le glisser sous leur maillot, pas de soucis en revanche. 

Pour ceux qui cherchaient un cardio vraiment adapté à l'eau, le RCX5 est peut être une solution. D'autres tests de ce produit, une fois commercialisé, le confirmeront sans doute.



source: http://www.dcrainmaker.com/2011/05/weekend-at-home-and-in-pool-with-polar.html

lundi 2 mai 2011

Perfectionnement: quand les poumons ne servent pas qu'à respirer !




Vous faites peut être partie de ceux qui, malgré tous les efforts et les longues heures d'entraînement, se sentent toujours freinés par leurs fichues jambes !

Voilà un truc ou une prise de conscience qui vous fera peut être progresser ou vous aidera à réduire ce frein.

Tout d'abord, considérons le crawleur dans sa position horizontale sur l'eau. Son centre de gravité se situe au niveau de son bassin (voir les posts précédents de ce blog ou le livre "le plaisir de nager").


Logiquement, s'il enfonce la partie supérieure de son corps dans l'eau, la partie inférieure de son corps doit remonter, un peu comme si son corps était en bascule (voir dessin) sur son centre de gravité (situé donc au niveau du bassin).




De fait, c'est un truc qu'utilisent beaucoup de très bons nageurs. L'expression consacrée d'ailleurs en anglais à ce sujet est : "Press the lungs !" (traduction: enfoncer les poumons). Pour le mettre en pratique, il faut se concentrer sur un roulis non pas uniquement des épaules mais également de la partie du tronc juste au dessus du sternum (c'est à dire là où est située la plus grande partie du volume pulmonaire).

A titre d'illustration, je vous invite à regarder l'extrait vidéo suivant, en vous concentrant sur la position de la cage thoracique du nageur du milieu par rapport à son bassin. Vous pourrez remarquer la manière dont il s'applique à bien enfoncer sa cage thoracique dans l'eau et donc à avoir la partie frontale du sternum nettement plus basse que le bassin. 

En appliquant cette force vers le bas à cet endroit précis, il aide ainsi son bassin et ses jambes à rester bien dans le sillage de son corps et à coller à la surface, le point pivot (son centre de gravité) étant situé au niveau du bassin.



Pour travailler cela, concentrez-vous non pas tant sur le roulis des épaules mais plutôt sur le roulis de la cage thoracique dans son ensemble et essayez d'appuyer chaque flanc du sternum alternativement vers le fond dans ce roulis afin de chercher à ce qu'il soit toujours à une profondeur plus importante que vos hanches. N'hésitez pas à forcer le trait surtout au début en exagérant un peu l'enfoncement.

Si vous sentez une force de remontée en sens inverse, c'est parfaitement normal en vertu de la poussée d'Archimède. 

Cela demande un travail de concentration pour bien exercer l'appui au bon endroit du torse et pour sentir l'effet bascule sur les cuisses et vos jambes plus légères sur l'eau.



Comme quoi, on ne fait pas que respirer avec les poumons en crawl !


Bonne nage !

Comprendre et expliquer la technique en natation pour partager le plaisir de nager. Conseils en crawl. Conseils crawl. Conseils pour apprendre le crawl. Vidéos de natation. Battements de jambes. Abdominaux. Musculation du nageur. Apprentissage du crawl. nageurs.com. natation pour tous. Bien nager. Nager vite. Crawl. Dos. Brasse. Papillon. Alain Bernard. Laure Manaudou. Livre sur la natation. Méthode de natation. Peur de l'eau. Aquaphobie. Piscines. Séances d'entraînement en natation.

mercredi 6 avril 2011

Camille Muffat : nageuse aux bras "furtifs" (suite)

Voici la suite du dernier post concernant la technique en crawl de Camille Muffat; sur les images suivantes prises de profil, on voit la manière dont le coude se plie très tôt. 


On peut voir aussi que la moitié supérieure du bras (que j'ai surligné d'une petite flèche verte alors que l'avant bras est lui surligné d'une grande flèche verte) reste longtemps presque parallèle à la surface de l'eau. 


Sur le troisième cliché, le plus en bas, la moitié supérieure du bras commence à prendre nettement plus d'angle mais c'est justement le moment où le bras commence à accélérer vers l'arrière, d'où un moindre effet freinant pour le nageur.

Avec cette technique de l'EVF (Early Vertical Forearm), c'est donc bien l'hydrodynamisme qui prime. En effet, si la nageuse enfonçait son bras tendu dans l'eau, elle pousserait évidemment une plus grande masse d'eau vers l'arrière qu'elle ne le fait : tout son bras appuierait sur l'eau or, dans le cas de Camille, c'est surtout l'avant-bras qui pousse l'eau durant tout le début de cycle du bras.






Maintenant il est intéressant aussi de noter l'importance du roulis des hanches dans la mise en pratique de l'EVF par Camille Muffat (comme cela est visible sur les deux photos suivantes - la flèche représente une ligne droite reliant les hanches de la nageuse). On constate un roulis prononcé du bassin d'autant plus remarquable que Camille nage pourtant très vite et avec beaucoup de fréquence. L'angle maximal est d'environ 40 à 45° avec la surface.

Il peut y avoir plusieurs raisons à cette recherche de roulis du bassin.

Ceux qui se sont essayés à nager ce crawl EVF ont peut être constaté qu'engager ainsi le bassin dans le mouvement facilite la réalisation du mouvement. En effet, une fois le coude plié, le fait de bien effectuer une rotation du corps entier sur un axe horizontal permet au nageur d'utiliser son poids et cette force de rotation pour générer plus de puissance dans l'appui sur l'eau avec la main et l'avant-bras. De plus, cela fait automatiquement remonter vers la surface la hanche du côté du bras d'appui, ce qui fait naturellement que le coude reste près de la surface.




Bonne nage !


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vendredi 1 avril 2011

Camille Muffat: nageuse aux bras "furtifs"



Camille Muffat, qui a le même entraîneur que Yannick Agnel, démontre sa technique de bras exemplaire sur ces images (extraites de sa finale du 400m aux Championnats de France de la semaine dernière qu'elle gagne haut la main devant Coralie Balmy) .

Cette technique est l'application du EVF (Early Vertical Forearm) souvent évoqué sur ce blog et encore décrit dans le post précédent consacré à Yannick Agnel. 

En observant bien les photos ci-dessous, on perçoit encore mieux l'intérêt hydrodynamique de cette technique. Camille a réellement des "bras furtifs" qui la freinent le moins possible dans son mouvement. 

Pour encore mieux apprécier ce phénomène au delà de la simple vision des photos, il faut comprendre que, grâce à cette technique, au moment où la partie haute du bras de la nageuse commence à être moins profilée par rapport à l'eau, son bras est déjà quasiment en accélération vers l'arrière, ce qui réduit d'autant plus le frein généré par la surface de son bras. 


Dans le cas d'un nageur qui nage le bras plus tendu, la partie supérieure de son bras va agir comme un frein jusqu'à ce qu'elle se déplace dans le même sens que le nageur et a une vitesse au moins égale. 


Ceci veut donc dire que durant tout la phase avant du mouvement du bras, le bras va créer une résistance qui va ralentir le nageur. 


Nager en EVF permet justement de considérablement limiter ce phénomène ; la perte de puissance, qui peut résulter du EVF, est moindre que l'avantage hydrodynamique qu'il crée. Camille Muffat en donne un très bon exemple:




La suite de l'analyse est ICI.

Bonne nage !

lundi 28 mars 2011

Trois observations sur la technique de nage de Yannick Agnel




Voici trois réflexions sur la technique de nage de Yannick Agnel basées sur les images de sa finale du 200m au championnat de France 2011: http://www.wat.tv/video/eurosport/finale-agnel-3jzad_2f1o7_.html

1) Early Vertical Forearm (EVF):

Dans une vidéo récente, l'entraîneur américain, Gary Hall Sr. , ancien médaillé olympique, décrit les avantages de l'EVF (early vertical forearm), technique qui consiste à plier le coude tôt durant le cycle de nage, de manière à garder le coude le plus haut possible (c'est à dire le plus près de la surface de l'eau) durant le mouvement sous-marin du bras.

Ce qui est particulièrement intéressant dans l'analyse de Gary Hall Sr., c'est qu'il insiste sur le fait que cette technique ne favorise pas la puissance mais l'hydrodynamisme. En effet, on a plus de puissance si l'on appuie sur l'eau avec le bras entier que si l'on appuie qu'avec l'avant-bras. En revanche, en terme d'hydrodynamisme, la partie supérieure du bras est particulièrement prompte à s'opposer à l'avancement du nageur de par sa forme et sa vitesse de déplacement. Garder le coude haut va permettre de maintenir la moitié supérieure du bras parallèle à la surface le plus longtemps possible. Ainsi, l'hydrodynamisme va être bien meilleur et c'est la raison pour laquelle les meilleurs crawleurs actuels utilisent cette technique (surtout en fond et demi-fond). Cette technique favorise particulièrement les nageurs grands et longilignes comme Yannick Agnel (qui ont moins peut être moins de puissance  en valeur absolue que leurs concurrents).

Yannick Agnel est l'illustration parfaite de cette technique. Sur la série de photos suivantes (extraites de sa finale au championnat de France 2011), on peut constater comment il maintient son coude très près de la surface de l'eau: 








2) la recherche d'amplitude vers l'avant:

Yannick Agnel a beau mesurer plus de 2 mètres, il ne perd pas un centimètre d'amplitude dans son cycle de nage, et surtout quand il s'agit d'une recherche d'amplitude vers l'avant. Quand on compare Yannick avec le nageur à sa gauche, on peut observer la différence dont la main de l'un et l'autre entre dans l'eau. Yannick va chercher avec sa main plus loin devant lui; ainsi, la distance entre sa tête et sa main au moment de l'entrée dans l'eau est maximale alors que le nageur a sa gauche rentre sa main plus tôt et perd donc en amplitude durant cette phase du cycle. C'est peut être quelques centimètres à chaque coup de bras mais au final sur 200 mètres à ce niveau cela fait une grande différence.





3) la poussée arrière réduite (early release in English)

On entend souvent dire ou on lit qu'il est important de pousser loin derrière avec la main près de la cuisse. La natation contemporaine a remis en question cette idée et privilégie avant tout le travail des bras à l'avant du nageur.

Comme on le peut voir, Yannick Agnel ne cherche pas à pousser l'eau très loin derrière lui; il écourte même sa poussée en ramenant vite la palme de sa main parallèlement à son corps, donc sans poussée sur l'eau.




Belle technique et bonne nage !

dimanche 27 mars 2011

Mieux comprendre "l'épaule du nageur"




La natation a la réputation d'être un sport peu source de blessures. C'est statistiquement exact surtout quand on le compare à d'autres sports, particulièrement la course à pied où le risque de blessure est majoritairement répandu.

Néanmoins en natation, il est une douleur que presque tout le monde  (amateurs compris) est amené à rencontrer un jour ou l'autre surtout quand on est en recherche d'améliorations chronométriques: ce mal est  connu sous le nom de "l'épaule du nageur" et une simple douleur peut parfois devenir un mal récurrent, handicapant et surtout long à guérir.

L'épaule du nageur peut avoir différentes causes : on évoque souvent l'usage intensif ou abusif des plaquettes qui mettrait trop de pression sur les tendons de l'épaule. On pense instinctivement à une sur-sollicitation de l'épaule durant la phase d'appui du bras de l'avant vers l'arrière. C'est possible mais la raison la plus commune chez les nageurs amateurs ne vient pas de ce mouvement mais au contraire du mouvement du bras de l'arrière vers l'avant combiné à un manque du roulis du nageur.

L'articulation de l'épaule est extrêmement limitée quand il s'agit de déplacer le coude verticalement dans un plan se situant derrière la ligne des épaules. Autant il est aisé de déplacer le coude verticalement alors que le coude se situe sur le même plan que les deux épaules; autant si on essaie de faire le même mouvement (que ce soit bras tendu ou coude plié) avec le coude derrière la ligne des épaules, on sent tout de suite une tension dans l'épaule. La tension se fait au niveau des tendons de la coiffe des rotateurs (qu'on visualise sur l'illustration ci-dessous) ; ces tendons vont alors être hyper étendus.


Au contraire, si le nageur tourne ses épaules sur un axe verticale (roulis) (alors que l'une de ses épaules s'enfonce dans l'eau, l'autre sort de l'eau), son coude hors de l'eau va se trouver très proche du plan formé par la ligne joignant ses épaules. Les tendons de l'épaule ne seront pas en hyper-extension. 

Si le nageur nage avec les épaules à plat, son coude va durant cette phase de retour de l'arrière vers l'avant se situer derrière la ligne de ses épaules (visualiser une ligne droite qui rejoint ses deux épaules). Les tendons vont donc être en hyper-extensions durant cette phase. A force de répéter ce mouvement durant des centaines de fois à chaque séance, le risque de douleurs et de blessures devient alors très grand. De plus, si le nageur ne prend pas conscience de son défaut technique sur ce point particulier, il va continuer à reproduire le même mouvement toujours aussi traumatisant.

A titre d'exemple, il est courant de ressentir ce type de douleur en crawl lorsqu'on nage avec un pull buoy ou bien lors qu'on augmente la fréquence de bras; en effet, dans ces deux cas, on va avoir tendance à réduire le roulis: le pull buoy a tendance à fixer le nageur à l'horizontal et l'augmentation de fréquence a tendance à réduire l'amplitude du roulement.

Aussi si vous commencez à ressentir une douleur dans cette partie de l'épaule, demandez vous toujours si cela ne vient pas d'un manque de roulis. La plupart du temps, ajoutez du roulis fera disparaître cette gêne. Si ce n'est pas le cas alors la source sera autre bien sûr. Attention, ajouter du roulis ne vous guérira pas d'une tendinite avérée de ces tendons de l'épaule et ne vous évitera pas les conseils d'un médecin patenté.

En haut de ce post figure une photo de Yannick Agnel et on peut observer son roulis des épaules qui fait que son coude se situe sur la même ligne qu'une droite joignant ces deux épaules. 

Bon roulis !

PS: Les nageurs professionnels ou élite rencontrent eux aussi parfois des problèmes d'épaule mais sans doute plus pour des raisons de sur-sollicitation que de manque de technique (un peu normal quand on nage plus de 10kms par jour).

mercredi 23 mars 2011

Matériel: comparaison Swimsense et Pool-Mate Pro




Un lien vers un article en anglais qui compare en profondeur (c'est le cas de le dire) ces deux produits : http://www.dcrainmaker.com/2011/03/swim-watch-battle-finis-swimsense-vs.html


Un tableau résume les différences entre ces deux montres :


Conclusion: j'en retiens que la différence réellement importante entre ces deux modèles semble être que le Swimsense enregistre tous les temps par longueur alors que le Pool Mate Pro enregistre uniquement les temps par série.  La Swimsense reconnaît automatiquement la nage pratiquée (ce que ne fait pas la Pool Mate Pro).

Sinon:
- ergonomie: égalité entre les 2 modèles,
- batterie: le Swimsense est rechargeable alors que le Pool Mate demande un changement de piles,
- taille et aspect: le Pool Mate Pro ressemble plus à une montre portable à la ville ou ailleurs alors que l'aspect et la taille un peu plus grande du Swimsense le limitent à une utilisation en piscine.

PS: à ma connaissance, le Swimsense n'est pas encore disponible en magasin en France.
PS2: le Pool Mate Pro diffère du Pool Mate (simple) car il permet de transmettre à un ordinateur les données enregistrées, ce que ne fait pas le Pool Mate (simple).

samedi 12 mars 2011

Perfectionnement: le retour aérien du bras (exemple vidéo)



Pour faire suite au post précédent, la vidéo suivante du nageur Dan Kutler (JO 1996) est une très bonne illustration du retour aérien (placement du coude haut et arc de cercle comme sur la photo ci-dessous) : c'est en anglais et les images parlent d'elles-mêmes: 

http://www.5min.com/Video/How-to-Swim-Basic-Freestyle-155898156 





jeudi 3 mars 2011

Perfectionnement: le trajet aérien du coude

  

Le retour aérien du bras est une phase clé dans le crawl.


Le mouvement à chercher à effectuer consiste avant tout en un arc de cercle presque complet du coude autour de l’épaule dans le plan le plus vertical possible.

Il est assez courant, surtout pour les nageurs qui cherchent à augmenter leur glisse, de stopper l’arc de cercle au moment où le coude est à la verticale de l’épaule pour ensuite tirer une droite avec le coude vers l’eau. L'arc de cercle du coude autour de l'épaule n'est alors plus du tout réalisé dans un plan vertical.


Tracer un arc de cercle complet verticalement avec le coude procure plusieurs avantages :

-  il permet au bras de profiter de l’inertie : le poids du bras bascule autour de l’épaule et emmène le nageur plus loin que s’il plonge son coude plus rapidement vers l’eau ;

- augmenter la distance parcourue par le bras en dehors de l’eau devant soi : si le coude plonge rapidement vers l’eau après le passage à la verticale de l’épaule, le bras va avoir tendance à rentrer plus à plat sur l’eau et le trajet sous-marin de la main et du bras vers l’avant va être plus long : le cas extrême inverse justement à éviter consiste à rentrer la main juste devant la tête. Au contraire, en traçant un arc de cercle avec le coude, il sera plus aisé de rentrer la main plus loin devant soi ;

- cela permet au nageur une répartition du poids plus vers l'avant et facilite aussi un meilleur placement du bassin et des jambes.

Quand on s'applique bien à tracer un tel arc-de-cercle, le gain est immédiat : on gagne immédiatement en amplitude (distance parcourue par cycle) et également en puissance car le trajet du coude vers l'avant en l'air aide le nageur dans la poussée arrière de son autre bras. Ce transfert du bras du dessus vers le bras du dessous est particulièrement perceptible sur la photo ci-dessous (d'Alexandre Popov):




Voici une série de clichés qui comparent justement le trajet aérien effectué par deux nageurs. Vous remarquerez comment le nageur du haut effectue bien l'arc de cercle en question et comment le nageur ne l'effectue que trop partiellement :








On remarque sur la photo du dessus la distance très importante entre l'épaule et la main au moment de l'entrée dans l'eau. Ce nageur tire au mieux parti de l'amplitude et de la possibilité que lui donne son anatomie pour faire parcourir à sa main le maximum de trajet en dehors de l'eau, et non sous l'eau. 

Le nageur du dessous entre sa main beaucoup plus près de la tête; s'il veut à avoir autant de distance par coups de bras que le nageur du dessus, il va forcément devoir faire parcourir à sa main une distance plus importante sous l'eau que celle du nageur du dessus (ce qui est contreproductif du fait de la résistance de l'eau qui est près de 816 fois plus grande que celle de l'air).











Truc: Une manière de travailler ce bon geste consiste, en éducatif, en nageant lentement, à marquer un temps d'arrêt au moment où le coude est à la verticale de l'épaule, puis un second temps d'arrêt lorsque le coude est passé devant la tête, puis bien prendre conscience du placement du coude à ces instants.

Bonne nage !



lundi 28 février 2011

Total Immersion, "the Best Swimming Technology" ? Cherchez l'erreur !



On entend assez régulièrement parler du crawl préconisé par Terry Laughlin, le fondateur et dirigeant de Total Immersion. Total Immersion est une société américaine  dont l'objet est d'apprendre le crawl (et les trois autres nages) à sa manière (soit disant révolutionnaire depuis une vingtaine d'années déjà).

Ce crawl se caractérise par une nage qui insiste sur le roulis, la glisse, l'hydrodynamisme et non pas sur la force, la fréquence ou le battement de jambes.

C'est une forme de crawl qui met l'accent sur l'équilibre dans l'eau avec des mouvements simples et efficaces. Elle insiste aussi beaucoup sur le rôle du corps dans son entier dans la propulsion plutôt que sur la seule force des bras. Le crawl Total Immersion ou "TI" peut se résumer à enchaîner la glisse d'un côté après l'autre en se laissant basculer de tout son long d'un côté sur l'autre sans effort apparent.

Le fait d'insister ainsi sur la glisse a donné lieu à des vidéos "impressionnantes" sur youtube, du genre nager 25m en 12 coups de bras. Ex: The Best Swimming Technology:


Maintenant, le petit souci, c'est que certains semblent revendiquer que le crawl façon Total Immersion serait la "best swimming technology" (meilleure technologie de natation (!)). Si tel était le cas, alors comment se fait-il que les meilleurs nageurs mondiaux ne nagent pas de la sorte ?


Autre souci, c'est que quand on regarde la manière dont Terry Laughlin, l'inventeur même de cette méthode, nage une compétition en eaux libres de 3km, son crawl ressemble vraiment de très très loin au crawl glissé des vidéos de Total Immersion.


La nage du crawl possède deux particularités essentielles qui lui donnent un avantage décisif sur la brasse ou le papillon:
- il permet un mouvement de traction et d'appui sur l'eau continu sans arrêt (contrairement à la brasse et au papillon) ;
- le bras revient vers l'avant dans l'air et non pas dans l'eau (contrairement à la brasse).


Malheureusement, le crawl façon "Total Immersion" (comme nagée sur la vidéo "Best Swimming Technology"), de par une glisse accentuée et une entrée de la main dans l'eau très près de la tête ce qui accentue le trajet sous-marin de la main vers l'avant (un peu comme en brasse), supprime en grande partie justement ces deux particularités essentielles à l'efficacité du crawl.

A cela il faut ajouter que dès que l'eau n'est pas parfaitement lisse, vouloir beaucoup marquer la glisse devient vite problématique car on se retrouve très chahuté par l'eau; ce n'est pas pour rien si en eau libre les nageurs ont tendance à adopter une nage en opposition lorsqu'ils sont en groupe en particulier pour faire en sorte d'avoir des appuis constants sur l'eau.


Si on veut nager bien et efficacement en eaux libres, il faut retrouver et accentuer ces particularités. C'est d'ailleurs ce que Terry semble s'attacher à faire en compétition en eaux libres, comme la vidéo disponible sur son site le démontre.

En conclusion, je conseillerai aux nageurs de s'intéresser au style Total Immersion s'ils ont du mal avec l'horizontalité et ont du mal à nager souple et relâché. Ensuite, une fois ce style maîtrisé, je leur conseillerai de s'attacher à remettre un minimum de fréquence de bras dans leur crawl, à oublier cette entrée de la main très près de la tête et un bras trop pointé vers le fond du bassin mais à se concentrer avant tout sur l'enfoncement de l'épaule sous le menton (comme je le conseille dans le livre "le guide du crawl moderne").




Bonne nage !

jeudi 17 février 2011

mercredi 9 février 2011

Matériel: compter ses longueurs


(Article mis à jour au 10 décembre 2012)

Voici une petite revue de détail de quelques manières de compter ses longueurs (du plus simple technologiquement au plus complexe et cher):

- la feuille de papier : la solution basique ; si on a fixé son programme avant sa séance et qu'on l'a écrit sur une feuille de papier, il suffit de suivre son programme à la lettre pour connaître précisément le nombre de longueurs nagées. Si les séries sont trop longues, alors on peut utiliser la méthode de la pyramide (voir ci-dessous)

- la pyramide : l'un des moyens les plus faciles est de compter en pyramide: par exemple, pour nager 2500m, il suffit de nager 100m + 200m + 300m + 400m + 500m + 400m +300m + 200m + 100m : il faut donc compter jusqu'à 5 aller/retour au maximum en bassin de 50m. Cela évite d'avoir à compter jusqu'à 25 et d'oublier une longueur au passage (voir ancien post sur le sujet); 

- le "lap counter" ou "sport count": ces petits compteurs se fixent au doigt. Par une pression du doigt, on compte un tour. Prix : autour de 25 dollars/euros ; je ne les ai jamais testées.

- les montres chrono étanches à fonction "lap" ou "temps intermédiaires" : ces montres, qui ont la capacité d'enregistrer les temps intermédiaires (de 30 à 150 temps pour les modèles les plus répandus), permettent de compter les longueurs avec le temps pour chaque longueur. Il suffit de ne pas oublier d'appuyer sur le bouton à chaque longueur. Certaines montres offrent même la possibilité d'être déclenchés par simple pression sur l'écran (et non sur un bouton), ce qui est encore plus simple. Prix : entre 50 et 90 euros (suivant les modèles) ;

- les montres qui comptent les longueurs automatiquement sans possibilité d'analyse sur internet: la Poolmate et la Speedo Aquacoach : ces montrent possèdent un accéléromètre intégré qui enregistre automatiquement chaque longueur à chaque virage. A mes yeux, l'inconvénient principal de ses deux montres est qu'il faille changer les piles (les modèles Finis et Garmin fonctionnent sur batterie rechargeable par port USB) ;

- les montres qui comptent les longueurs automatiquement avec possibilité d'analyse sur internet:  il existe plusieurs modèles: la Pool Mate Pro, la Swimsense de Finis et la Garmin Swim. La Swimsense Finis et la Garmin sont très comparables (bien qu'il y ait un avantage au look côté Garmin). Le petit souci avec la Pool Mate Pro est la nécessité de devoir changer les piles de temps à autre. Je n'ai pas testé la Garmin mais utilise la Finis depuis plus d'un an. Après quelques bugs informatiques dans sa première version, le logiciel est maintenant bien au point. Elle permet une analyse très fine de ses séances via l'accès internet. La Garmin a le léger avantage de pouvoir prendre en compte les longueurs qui ne sont pas dans l'une des 4 nages.

- les montres multisport pour une utilisation en piscine et en eau libre: pour le moment, seul Garmin propose la 910XT, qui a l'immense avantage d'être utilisable en piscine (accéléromètre) et en eau libre (via GPS), mais qui a un prix beaucoup plus élevé que tous les autres modèles.

- le "Free Lap": ce système est constitué d'une balise et d'une montre. La balise est posée au fond du bassin ou bien accrochée au plot ; a chaque passage de la montre à proximité de la balise, le temps de passage est automatiquement enregistré. Prix : autour de 300 euros.  Je citais ce système dans l'article d'origine mais compte tenu des progrès faits avec l'arrivée des Garmin, Swimsense et Pool Mate Pro, il me semble maintenant sans intérêt.

Pour ceux qui veulent rentrer dans les détails techniques des montres citées plus haut, je vous recommande l'excellent blog de www.dcrainmaker.com (en anglais) qui contient des tableaux comparatifs de plusieurs de ses modèles.