vendredi 30 septembre 2011

En profondeur : stay connected !




Voici une série de vidéos (merci Fabien!) qui montre la manière dont il est intéressant de laisser les épaules "connectées" (en crawl en opposition ou "shoulder driven" ou encore "kayak style"). De ce principe découlent quelques exercices que l'on retrouve dans pas mal de vidéos US, à savoir la boxe comme travail de renforcement musculaire hors bassin. Voici donc la série de vidéos tirées du site du Club Wolverine.



Shoulder Driven Drill- Head up Freestyle:




Shoulder Driven Freestyle with Style Sticks:

Cela peut paraître un peu ésotérique de nager de la sorte mais cela découle d'un principe simple: c'est l'utilisation du corps entier pour générer la puissance de l'appui sous-marin. Pour comprendre cette idée, on peut décomposer la visualisation du cycle de nage de la manière schématique suivante:

- tout d'abord, le nageur allonge son bras sous-marin devant lui et ancre sa main et son avant-bras dans l'eau (le fameux "catch");

- quand il veut ramener sa main et son bras sous-marin vers l'arrière, il a grossièrement deux options: soit utiliser les muscles de son épaule (et donc plier l'articulation de l'épaule pour cela), soit utiliser tout le côté opposé de son corps et pour cela ne pas réellement plier l'articulation de l'épaule. Pour que cette seconde option fonctionne, il faut que les épaules restent solidaires.

Exactement comme un boxeur qui va mettre un crochet à son adversaire en tournant son torse sur un axe vertical : l'épaule reste fixe et la puissance vient de la rotation du tronc. Ainsi, pour l'exemple de la natation, le simple fait après avoir ancré sa main et son avant-bras dans l'eau, d'avancer l'épaule opposée vers l'eau (grâce à un roulis des épaules solidaires) va naturellement faire que la main sous marine va appuyer sur l'eau. Si l'ensemble épaules-torse n'est plus solidaire, cela ne fonctionne pas d'où les exercices que l'on voit faire sur ces vidéos.

Cette idée est d'ailleurs aussi explicitée (mais sous une autre forme) par le fondateur de la méthode POSE qui s'est aussi intéressé à la natation: pour lui, c'est la main qui reste fixe et le reste du corps qui génère le mouvement et non l'inverse et la force vient du transfert de poids lié au roulis en plus de la force musculaire du nageur. 

Cette manière de réaliser le mouvement est aussi une approche intéressante pour soulager l'articulation de l'épaule. Bien souvent, les blessures de l'épaule viennent d'une sur-sollicitation des muscles de l'épaule. Le fait "d'immobiliser" ainsi l'épaule va soulager l'articulation.

Si vous vous concentrez sur la génération de la force du côté opposé du bras sous-marin, vous serez probablement étonnés de la puissance que vous ressentirez en retour sur le bras sous-marin.

Bonne nage !





lundi 26 septembre 2011

Trucs et astuces: la bascule du bassin



On savait qu'il avait la réputation d'avoir de la chance mais de là à passer de l'expression "avoir du cul" du sens figuré au sens propre !! C'est pourtant ce qu'un ancien champion cycliste bien connu réalise lors qu'il veut nager vite. La preuve en images (20 cycles au 25m / ; fréquence environ 85 coups de bras/minute) :

vitesse réelle:


vitesse ralentie:







Vous remarquez sur les clichés comment il a tendance à remonter ses fesses à la surface au moment où il étend son bras droit : il augmente la bascule déjà évoquée sur ce blog: il fait cela car:
- son battement de jambes étant très réduit, cela lui permet tout de même de bien garder le bassin et les jambes dans le sillage de son corps et le plus près possible de la surface de l'eau ;
- cela augmente son inertie vers l'avant ;
- il gagne ainsi en amplitude.

Si son battement était plus constant, il pourrait à cet instant avoir un gain similaire (voir supérieur) en utilisant les jambes et en marquant moins ce mouvement de bascule. 

Pas très esthétique, c'est un truc pour les nageurs en mal de bonnes jambes. Ça demande sans doute une bonne ceinture abdominale et cela il n'en manque pas (voir photo) ! 


Bonne nage !

PS: pour ceux qui ne connaissent pas les Kettlebells, ça vaut aussi la peine d'essayer.





lundi 19 septembre 2011

Jouer au chat et à la souris



Voilà un petit truc très simple pour s'aider à réduire le temps mort lorsqu'on nage en FQS (ou catch-up style ou semi-rattrapé): penser au chat et à la souris !

La main aérienne est le chat et la main étendue devant soi est le souris; au moment où le chat revient vers la souris (cad quand la main aérienne a passé l'épaule), la souris file (vers l'arrière bien sûr) pour ne pas se faire rattraper.

Cette idée simple est de Dean Kent, nageur olympique (2000, 2004, 2008) néo-zélandais et aujourd'hui entraîneur, qui l'explique dans la courte vidéo suivante: http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=DoNhT3y0Nv0.



Bonne nage !




mercredi 14 septembre 2011

Airstroke freestyle



Ceux qui s'intéressent au stretching connaissent peut être Bob Cooley qui est l'apôtre du Résistance Stretching (pour ceux que cela intéresse, en voici une rapide explication sur le lien suivant : voir aussi la vidéo de Dara Torres sur les liens vidéos de ce blog). 

Bob Cooley a aidé la nageuse Dara Torres lors de son come-back à 41 ans. Je ne sais pas si c'est à cette occasion qu'il s'est intéressé à la natation mais il prétend avoir inventé (?) un nouvel style de crawl: il l'appelle "Airstroke freestyle".

Voici une vidéo qui montre cette technique. Le principe est simple à première vue : nager la tête totalement hors de l'eau.

vidéo vitesse réelle



vidéo ralentie



Sans vouloir polémiquer sur le fait que ce style ressemble bigrement à du crawl water-polo, style connu depuis la nuit des temps (ou presque), il est intéressant de remarquer que:

- le nageur donne l'impression de "nager sur la vague" (ce "Graal" recherché par tant de techniciens en sprint). Au contraire des nageurs à côté de lui qui rentrent dans la vague d'avancement qu'ils forment, le fait de nager si haut sur l'eau donne l'impression que le nageur glisse sur la vague, un peu à la manière d'un bodyboarder toute proportion gardée; en fait, ce n'est pas uniquement la tête qui est redressée mais tout le tronc du nageur qui cherche à se sortir de l'eau ;

- le fait de nager si "haut" (si cela ne s'accompagne pas d'un affaissement des jambes) a certainement une influence sur la réduction des frottements. Voici un lien vers une petite vidéo qui illustre cette idée : l'utilisation de deux planches de bois rend la démonstration un peu caricaturale (comme la dégaine de l'entraîneur, Clayton Evans (tout de même médaillé olympique 4x100m 4 nages de l'équipe du Canada au JO 1976 à Montréal) d'ailleurs);

- évidemment, en contrepartie, l'amplitude des cycles de nage est plus réduite;


- il faut un très fort battement de jambes pour s'élever sur l'eau et surtout éviter que les jambes ne traînent comme c'est naturellement le cas lorsqu'on relève la tête.

Bonne nage!


vendredi 9 septembre 2011

Le crawl sur le bout des doigts




Gary Hall Sr. a récemment posté sur son site une vidéo au sujet de l'écartement des doigts en crawl. Sa conclusion est qu'un bon nageur se remarque (entre autres choses) à ce qu'il garde les doigts légèrement écartés sous l'eau. Selon lui, les bons nageurs ont cette faculté de bien sentir leurs appuis sur l'eau et le fait d'écarter très légèrement les doigts permet d'avoir une surface d'appui légèrement plus importante sur l'eau que nager les doigts serrés; en effet, si l'intervalle est optimum entre chaque doigt, il se crée alors une légère zone de turbulences qui constitue une surface d'appui supplémentaire pour le nageur.

Voici le lien vers la vidéo en question de Gary Hall Sr. (en anglais).

J'ai trouvé intéressant de vérifier les propos de Gary Hall Sr. en cherchant à observer dans les vidéos de certains des meilleurs nageurs la position de leurs doigts sous l'eau: leurs doigts sont-ils serrés ? écartés ?

Voici donc quelques exemples:

Grant Hackett


Ian Thorpe


Nystrand


Nageur entraîné par Gary Hall Sr.






Yannick Agnel



Nageur pro non identifié


Bill Kirby



Camille Muffat



En regardant ces clichés pris à différents moments du cycle de nage, on peut constater :

- tous les nageurs ont les doigts largement écartés durant la phase d'allongement de la main vers l'avant (pas de recherche d'appui à cet instant);
- au moment du catch (début de l'appui sur l'eau), la plupart des nageurs continuent d'avoir les doigts écartés mais ont tendance à les resserrer;
- durant la phase d'appui sur l'eau, le resserrement des doigts est variable: certains nageurs ont plusieurs doigts serrés mais pas tous; d'autres ont encore les doigts légèrement écartés ; la différence peut s'expliquer par les différences de sensations des nageurs et peut être aussi par la différence de prise d'angle de la main sur l'eau;
- à la fin de la phase d'appui, les nageurs ont de nouveau les doigts plus écartés ;
- quasiment aucun nageur n'a le pouce collé à la main à aucun moment durant la phase sous-marine de la main (sauf peut être Camille Muffat).

Ces exemples confirment donc au moins partiellement les propos de Gary Hall Sr. ; ils montrent aussi que quand on parle d'écartement des doigts durant la phase d'appui, cet écartement reste très faible.


Cela montre aussi que chaque nageur a une position spécifique des doigts et la modifie tout au long du mouvement sous-marin suivant ses sensations et ses appuis.

Bonne nage !







jeudi 1 septembre 2011

Tuer le temps (mort) en crawl !




L'un des écueils en crawl est d'avoir des temps morts dans son cycle de nage. Il faut entendre par temps mort un instant (plus ou moins long) durant lequel le nageur n'exerce plus d'appui propulsif sur l'eau. Ce défaut d'appui - même très court - va résulter en une décélération du nageur. Cela l'obligera alors à ré-accélérer pour retrouver sa vitesse, d'où une dépense d'énergie plus importante que si le nageur maintient sa vitesse et son inertie. 

Voici un exemple visuel très parlant d'un tel temps mort. Ces images sont extraites de la vidéo d'un nageur amateur dont j'ai déjà analysé la nage sur ce blog. On peut ainsi constater sur les deux clichés qui suivent que le nageur n'effectue aucun appui propulsif durant près de 2/3 de seconde durant le cycle de son bras droit sous l'eau: 

1ère photo au chrono à zéro : il finit sa propulsion avec la main gauche. 


2ème photo:  chrono à 0,65 seconde; il commence seulement son appui de la main droite.


On peut arguer du fait qu'il nage en crawl semi-rattrapé (ou FQS ou catch-up style) mais c'est faux de croire que le style FQS oblige forcément à un temps mort contreproductif.

Ce point est d'ailleurs parfaitement démontré dans la série de clichés mise sur le blog du site www.swimsmooth.com concernant le recordman du monde Sun Yang du 1500m nage libre.

Ces clichés montrent qu'en dépit d'un style en FQS, ce nageur a un temps mort très réduit dans sa nage (à peine plus d'un dixième de seconde):


Bonne nage !