mercredi 26 juin 2013

La bonne technique pour regarder devant soi en crawl

Regarder devant soi en crawl sans perdre en efficacité demande une technique particulière.

Voici image par image le geste technique pour bien regarder devant soi en crawl en perdant le moins de vitesse possible. Les images sont celles du triathlète Chris McCormack.

Pour bien exécuter cette technique, il faut suivre plusieurs règles:

- le nageur porte son regard devant lui bien avant la phase d'inspiration ; il ne regarde pas devant lui au moment où sa tête se place pour inspirer ; il regarde beaucoup plus tôt (dès la photo 4) ;

- le nageur modifie sa gestuelle de retour aérien; alors qu'on conseille généralement au nageur d'effectuer le retour aérien avec le coude haut, là au contraire, c'est avec le coude rasant l'eau qu'on se place le mieux (photos 4 à 10) ;

- le nageur va plus casser son coude sous-marin pour exercer plus de pression sur l'eau (on ne le perçoit pas sur ces photos de McCormack évidemment) ; ainsi il peut plus facilement soulever sa ligne d'épaules au dessus de l'eau et se projeter vers l'avant; ce mouvement de projection est justement aidé par le retour aérien du bras au raz-de-l'eau. C'est d'autant plus facile en eau salée où la flottabilité est accrue ou quand l'eau est un peu agitée si on cale ce mouvement avec le rythme des vagues ;

- on voit sur les photos d'ailleurs qu'après avoir regardé devant lui, Chris McCormack reprend son rythme d'inspiration tout à fait normalement, en venant inspirer bien après (photos 13 et 14).

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Certains nageurs d'eau libre reproduisent cette gestuelle même dans des moments où ils n'ont pas besoin de regarder devant eux. C'est un mouvement qui peut être utile dans des conditions de vague par exemple.

C'est un style qu'on retrouve chez le nageur italien Gregorio Paltrinieri (dont j'avais déjà analysé le style ICI). On observe d'ailleurs chez ce nageur ce mouvement du coude sous-marin très plié pour aider à faire remonter sa ligne d'épaules au dessus de la surface et faciliter la projection du bras opposé :


Ce geste est évidemment avant tout pratiqué en eau libre pour permettre au nageur de se repérer. Mais on peut aussi le pratiquer en bassin quand on veut regarder devant soi ou bien juste changer ses sensations d'appui (...en évitant de coller une claque au passage si jamais on le fait en doublant).

Bonne nage !

lundi 10 juin 2013

Virer comme Yannick Agnel

Yannick Agnel a montré une manière très particulière de négocier son premier virage, lors de la finale du 200m aux JOs de Londres.

Dès la fin de l'avant-dernier mouvement de bras (le droit), Yannick enfonce son buste, rentre la tête et se met en position de pré-culbute. Il maintient ensuite cette position, tête totalement immergée, le regard vers le fond (flèche rouge), tout au long du dernier mouvement de bras (le gauche).

A une vitesse supersonique (ou presque..), il s'engouffre sous sa vague, avec ses 2m02.

Comme le décrit un nageur qui l'a vu de près à l'entraînement récemment à Nîmes:

"Je viens de voir ces jours-ci à Nîmes ce fameux virage de Yannick Agnel qui s'entrainait dans la ligne à côté de la mienne, et j'avais été étonné par ce virage bizarre que j'ai observé de près en me mettant sous l'eau. Effectivement il commence son virage très tôt avant le mur en descendant à une vingtaine de centimètres sous la surface avant d'engager sa rotation (il "descend" peut-être un mètre avant de tourner, ce qui est beaucoup). Il faisait ce virage dans toutes ses séries de crawl."


On peut observer comment son bassin vient se coller à la surface (flèche verte) alors qu'il se "descend" et se met en position de pré-bascule (flèche bleue) très tôt et loin du mur.

Les autres nageurs restent eux dans leur cycle naturel de nage jusqu'à être beaucoup plus près du mur et prennent alors leur dernière inspiration plus tard.



Et, après le virage, Yannick ressort avec léger avantage.

Le virage au ralenti:


Fabrice Pellerin en parle dans son livre (page 146). Yannick avait trouvé cette "botte secrète" (dixit le livre) tout seul et son entraîneur ne l'en avait pas contrarié, bien au contraire.

Sur les deux virages suivants de sa course, il ne reproduit pas tout à fait le même mouvement. Sans doute parce que cela demande un souffle qu'il n'a peut être plus durant le reste de la course.

C'est évidemment le signe d'une très grande maîtrise et d"une immense confiance en soi, de faire ainsi une coulée si longue au premier virage de cette finale aux JOs ; l'exemple aussi que les champions savent avoir leur style propre, tout en innovant techniquement, comme l'explique Pellerin.

On verra bien si cette technique sera reprise par d'autres nageurs.

Bonne nage !

samedi 1 juin 2013

Le livre de l'entraîneur de Yannick Agnel et Camille Muffat



C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu le livre de "Accédez au sommet - le chemin est en vous" écrit par Fabrice Pellerin (Editions Michel Lafon).

Ce livre est le témoignage d'un homme aujourd'hui terriblement "successful" mais qui, comme il le raconte humblement et honnêtement, ne l'a pas toujours été, loin de là.

Bourré d'ambitions artistiques et professionnelles mais incapable de les réaliser, Fabrice Pellerin raconte qu'il s'est vite trouvé dans une impasse qui l'amena à choisir, à défaut d'autres choses, à 23 ans, un poste d'entraîneur dans son club de natation. D'abord coach de très jeunes nageurs, il raconte comment il en arriva à entraîner les tous les meilleurs nageurs du monde avec le succès qu'on leur connaît actuellement.

Dans ce livre, la natation n'intervient qu'en toile de fond. Le but du livre n'est absolument pas de donner aux lecteurs des conseils pour mieux nager (sur plus de 200 pages, les allusions précises à la technique de nage se comptent sur les doigts de la main: la plus précise concernant la technique de virage d'Agnel).

Le seul objectif de ce livre est de faire partager les recettes de Fabrice Pellerin et de ses nageurs pour atteindre le succès.

Ces recettes, terriblement simples et pleines de bon sens et d'empirisme, vont, le plus souvent, à l'encontre des lieux communs sur le sujet: elles prennent le contrepied de beaucoup d'idées préconçues que l'on entend trop souvent de la bouche de donneurs de leçons qui, justement, ne connaissent jamais le niveau de succès qu'ils prodiguent aux autres. On comprend d'ailleurs à la lecture du livre qu'aimer prendre le contrepied est l'un des traits de caractères de Fabrice Pellerin et que ce dernier s'est forgé sa propre philosophie et ses propres recettes de succès un peu à la manière d'un autodidacte, à force de lectures diverses et d'expériences plus ou moins réussies.

Ces recettes peuvent être appliquées par tout à chacun, dans la vie quotidienne, dans la vie professionnelle ou dans l'éducation des enfants.

Cela fait du bien de lire, dans le climat de morosité ambiante, que le succès est beaucoup plus facile à atteindre qu'il n'y paraît, si tant est que l'on adopte la bonne approche et que l'on soit prêt à en payer le prix (mais sans excès...).

Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, sans dévoiler le livre, il raconte comment il arriva à mettre fin au découragement des meilleures nageuses françaises qui n'arrivaient pas à se rapprocher du top niveau mondial (la technique des petits pas) ; il explique aussi pourquoi demander à un athlète de se dépasser est le plus souvent contre-productif car c'est le meilleur moyen de le mettre en situation de panique, de lui faire perdre ses moyens : demandez-lui plutôt de juste bien faire ce qu'il sait faire et il aura beaucoup plus de chances de réussir et d'atteindre son objectif (si son entraînement a été suffisant évidemment).

La fin du livre est un peu plus personnel car traitant du rôle de l'entraîneur.

Si jamais vous cherchez de bons conseils simples, qui ont fait leur preuve, sur les moyens d'atteindre vos objectifs sportifs mais aussi en dehors du sport, je vous conseille vivement ce livre.

Bonne nage aussi quand même !



mardi 16 avril 2013

Soixante-Dix ! Le chiffre d'or du battement de jambes




Vous avez sans doute entendu parler du nombre d'or ! Ce chiffre qui fixait dans l'antiquité la proportion idéale de la beauté esthétique !

Et bien, il existe un chiffre magique qui détermine un battement de pieds efficace : c'est soixante-dix ! 70 degrés, c'est à dire l'angle que doit former le pied avec la cheville pour commencer à permettre un effet positif de propulsion de l'eau en battement de pieds en gardant la jambe tendue ou presque. Voici un cliché qui illustre cette position:



(Jeff Rouse est un nageur qui était réputé pour l'efficacité de son battement de pieds et aussi bien sûr la souplesse de sa cheville.)

Tant que votre cheville ne s'étire pas à un angle de 70°, il est nécessaire au genou de se plier (un peu) pour faire que le battement soit propulsif: le problème de plier le genou est que cela augmente la surface de frottement de la cuisse contre l'eau dans le sens opposé à l'avancement; cela ralentit le nageur et rend son battement beaucoup moins efficace.

Pour avoir un battement optimal, il faut que la cheville soit plus souple et la jambe plus tendue, d'où l'intérêt de pouvoir se rapprocher de cet angle de 70° (voire le dépasser).

En fait, tout degré de souplesse gagné au-delà de 60° permettra un meilleur battement avec moins d'effort. Les nageurs les plus rapides en battement atteignent couramment un angle de 75°.

Maintenant, il faut aussi comprendre que la force du battement peut avoir une influence sur le degré de l'angle de la cheville; si vous battez fort avec une cheville relâchée, la pression de l'eau peut vous faire gagner quelques précieux degrés; c'est donc particulièrement vrai en sprint et moins en endurance; cela dit, on peut observer chez certains nageurs de demi-fond une tendance à battre peu mais fort (ex: Sun Yang).

Ce phénomène est tout à fait visible sur les images extraites d'une vidéo de Ian Thorpe: on voit comment sa cheville s'étire sous la pression de l'eau lorsqu'il commence son battement:




Il est donc primordial d'avoir la meilleure souplesse des chevilles possibles pour avoir un battement de jambes efficace et un minimum d'étirement est recommandé pour celui qui veut améliorer son battement de jambes.

Voici une vidéo qui illustre la corrélation entre la souplesse de la cheville et l'efficacité du battement
Cet article et cette photo sont tirés d'un article de Marty Hull, entraîneur américain de natation passionné et éclectique et également spécialiste reconnu des chinchillas (véridique !!!).

Bonne nage !



mercredi 10 avril 2013

Le timing des bras en papillon



Le papillon reste une nage mystérieuse pour beaucoup de nageurs, et notamment le point crucial du placement du mouvement des bras dans le cycle de nage.

Voici un petit truc pour bien placer son mouvement en bras en papillon: il faut commencer l'appui des mains sur l'eau, uniquement lorsque les fesses sont au plus haut et qu'elles effleurent la surface de l'eau.

Voici précisément ce moment illustré par des photos de nageurs, notamment Ian Crocker et Michael Phelps: on voit très bien la position très particulière que le nageur doit adopter à ce moment précis:

- les jambes sont quasiment parallèles à la surface,
- les fesses effleurent l'eau,
- les reins sont cambrés,
- le dos reste toutefois assez horizontal dans sa partie supérieure: sinon le nageur créerait une surface de frottement trop grande qui le freinerait.




Michael Phelps



Idéalement, le nageur doit s'enfoncer assez peu dans l'eau, s'il veut nager vite. Il doit rester dans une bande horizontale proche de la surface.

Si le nageur déclenche son mouvement de bras plus tôt, alors il risque de placer ses jambes à contre-temps en enfoncant ses jambes au moment où ses mains passent la verticale de ses épaules : comme je l'ai déjà expliqué sur ce blog, en crawl, ce moment du passage des mains à l'aplomb des épaules est très important car c'est alors que le nageur a le plus de puissance: il faut donc qu'il soit le plus profilé possible: si ses jambes s'enfoncent à ce moment là, il perdra énormément en efficacité. En veillant à placer son mouvement en phase avec son bassin, on réduit ce risque de perte d'efficacité.

Il existe une manière totalement opposée de nager le papillon qui consiste, au contraire, à chercher à amplifier l'effet de bascule pour sortir plus facilement de l'eau: en s'enfonçant plus, on exerce une pression de haut en bas sur l'eau qui va générer en retour une force verticale dans le sens contraire et qui va aider le nageur à sortir plus facilement les épaules: évidemment, cela va aussi malheureusement freiner le nageur. On voit ainsi sur les photos suivantes comment le nageur va augmenter son enfoncement dans l'eau en retardant le déclenchement des bras, bien après que son bassin ait effleuré la surface (cette manière de papilloner est celle de Total Immersion):


Le bassin continue de s'enfoncer et les bras ne sont pas encore en action :


Pour ceux qui ne connaissent pas cette nage, je vous invite vivement à la découvrir !

Bonne nage !

mercredi 13 mars 2013

Amplitude et glisse (en images)


Voici une vidéo sous-marine de Goswim qui "déconstruit" (mot à la mode) la recherche de glisse.

On peut ainsi voir au fil des longueurs cet excellent nageur s'amuser à augmenter au maximum (ou presque) son temps glisse pour finalement arriver à nager 25m en 9 coups de bras, puis à revenir sur une nage plus rythmée avec peu de temps morts (bien que toujours en FQS).

lundi 4 mars 2013

En test: le Swimp3 2G




Pour ceux qui désirent écouter la musique en nageant, il existe deux types de technologies possibles: les systèmes utilisant des écouteurs et ceux utilisant la conduction osseuse.

Il existe pléthore de systèmes à écouteurs dans une gamme de prix assez large : le problème de ces systèmes est que pour que la qualité sonore ne se dégrade pas, il faut que l'eau ne s'infiltre pas entre l'oreille et l'écouteur. De ce fait, ces systèmes fonctionnent plus ou moins avec succès: si l'écouteur est parfaitement adapté à votre oreille, vous aurez la chance d'avoir un son correct. En revanche, si ce n'est pas le cas, le son risque d'être extrêmement déformé, à tel point que l'appareil devient totalement inutile. Je me souviens avoir ragé sur des écouteurs qui, quoi que je fasse, prenaient l'eau systématiquement même en les enfonçant à m'en percer les tympans : quelle frustration !

mercredi 27 février 2013

En test: le nouveau Tempo Trainer de Finis


J'ai déjà parlé du métronome conçu par Finis pour la natation et dénommé Tempo Trainer. Pour ceux qui ne connaissent pas ce produit, il s'agit d'un petit boitier étanche, qui se glisse sous le bonnet, qui émet un bip sur une fréquence choisie dans l'un de ces 3 modes, tels que je vais les décrire.



Finis a sorti en 2012 une nouvelle version de cet outil, le Tempo Trainer Pro, que j'ai pu tester.

dimanche 24 février 2013

L'Association Nageurs Citoyens est née !


Les nageurs parisiens sont confrontés depuis plusieurs mois à des grèves perlées au sein de leurs piscines préférées.

Face à cette situation qui s'éternise, l'Association Nageurs Citoyens est née de la rencontre, en janvier 2013, de plusieurs nageurs indépendants des piscines parisiennes, fatigués des grèves à répétition, des fermetures impromptues et des problèmes techniques depuis plus d’un an dans les établissements de la Ville de Paris.

Cette association loi de 1901 a pour vocation de défendre les intérêts des nageurs du grand public. Elle a lancé une pétition que l'on peut aller signer sur le site. L'adhésion à l'association est gratuite. Pour tout renseignement, aller voir leur site : http://nageurscitoyens.fr/

vendredi 22 février 2013

Analyse de nage amateur (défauts habituels)


Voici l'analyse de quelques défauts courants qu'on retrouve chez cette nageuse amateur (en bas de l'écran, en bonnet gris avec une étoile) lors d'un 400NL (dont voici un extrait vidéo):


Sans vues sous-marines, l'analyse ne peut être complète mais elle permet tout de même de mettre en lumière certains points intéressants, surtout que cette nageuse a de manière générale une plutôt bonne technique:

samedi 16 février 2013

FAQ : L'accélération du bras sous-marin

Vous avez déjà sans doute entendu le conseil suivant: "en crawl, il faut accélérer son bras tout au long du trajet sous-marin."

Maintenant que cela veut-il dire réellement ? Vouloir comprendre le problème, c'est un peu comme vouloir résoudre l'énigme de la poule et de l'oeuf. Qui est arrivé en premier ?
En effet, il faut savoir qu'en crawl, le corps accélère tout au long du déplacement sous-marin du bras ; enfin, c'est normalement ce qui doit se passer si le nageur possède une bonne technique. Ainsi, on a mesuré la vitesse instantanée de bons nageurs tout au long d'un cycle de bras et il s'avère qu'en effet, leur vitesse est la plus grande à la fin de la poussée de la main sous-marine, c'est à dire à l'instant où la main sort de l'eau après avoir fini son trajet sous-marin. Cette accélération n'est pas due réellement à une augmentation de puissance (car en fin de mouvement sous-marin, la surface de contact perpendiculaire à l'eau ne fait que se réduire pour finir à seulement une partie de la surface de la main). Non, l'accélération est liée à la diminution des forces de frottement car, en effet, en fin de cycle de bras, le nageur est le plus allongé sur l'eau avec son bras avant allongé devant lui. Il est donc dans la position la plus profilée (voir photo ci-dessous) : c'est la raison pour laquelle il va le plus vite à cet instant.



Il est donc tout à fait normal que le nageur (dans son ensemble) accélère alors que son bras se déplace sous l'eau de l'avant vers l'arrière.

Si le nageur n'accélère que son bras et pas son corps, l'effet sera nul !  En effet, son bras passera au travers de l'eau. Imaginons que vous poussiez un meuble très lourd sur un parquet glissant, que va-t-il se passer ? Vos pieds vont glisser sur le parquet et le meuble ne va pas bouger (ou presque). L'analogie est valable en natation; si vous exercez une accélération avec votre main alors que votre corps lui n'accélère pas, votre main et votre bras vont glisser sur l'eau, sans prise.

Le fait d'accélérer le bras est censé créer une zone de pression plus importante sur laquelle le nageur peut s'appuyer. Mais pour que cela ait un effet réel, il faut que le nageur se freine le moins possible alors qu'il appuie sur l'eau (en réduisant donc le plus possible ses frottements sur l'eau). Sinon il passera au travers de l'eau et l'accélération de sa main n'aura pas d'effet.

Donc le conseil de l'accélération du bras sous-marin doit être compris, non pas tant comme une accélération du bras seul, mais plutôt une accélération du nageur dans son ensemble. Comme la vitesse de déplacement du nageur va augmenter au fur et à mesure du cycle de nage, son bras va lui aussi accélérer (tout simplement du fait que la main va devoir parcourir une distance plus grande dans un temps plus réduit et donc elle va devoir aller plus vite).

En revanche, si vous ne pensez qu'à accélérer votre main sous l'eau, sans chercher à accélérer le reste de votre corps, cela sera tout simplement inefficace et vous ne trouverez jamais la bonne sensation d'appui sur l'eau car votre bras va passer à travers l'eau. Donc il faut chercher à bien ressentir l'accélération de tout son corps et pas seulement du bras sous-marin. Et pour que cela ait un intérêt d'accélérer sa main sous l'eau, il faut que le nageur maîtrise déjà une bonne position hydrodynamique.

Bonne nage !






mercredi 13 février 2013

En test: les palmes "positive drive fins (PDFs)" de Finis


J'ai eu le plaisir d'utiliser, depuis plusieurs séances, les nouvelles palmes de FINIS appelées "Positive Drive Fins". Le modèle est disponible en jaune (voir photo) ou bleu.

Je recherchais des palmes plus souples que des palmes courtes habituellement disponibles en boutique et le plastique de ces palmes l'est.

L'utilisation est très facile; le système de fermeture souple très simple aussi; elles se fixent par des élastiques qui semblent relativement robustes (l'avenir le confirmera ou non). Voici une vidéo qui explique comment les attacher; honnêtement, c'est beaucoup plus simple en pratique que cela ne semble sur la vidéo.

vendredi 1 février 2013

Défi Monte Cristo 2013 : L'engouement pour l'eau libre !



 Mais quel engouement pour l'eau libre, à considérer la vitesse à laquelle les 750 places pour le 5km du Défi Monte Cristo sont parties !!

Ouvertes à 1h du matin, les inscriptions furent closes en quelques heures seulement durant cette nuit !


mercredi 23 janvier 2013

Double décès en natation lors de l'half Ironman d'Afrique du Sud





Deux jeunes athlètes sont décédés lors de la partie natation de l'half ironman d'Afrique du Sud.

Agés respectivement de 29 et 37 ans, leurs décès seraient liés à un arrêt respiratoire.

J''avais déjà posté un billet sur le phénomène inquiétant : http://leplaisirdenager.blogspot.fr/2012/03/la-question-des-deces-en-natation-en.html


samedi 12 janvier 2013

L'explication du hochement de tête de Janet Evans

Tout d'abord meilleurs voeux sportifs et  aquatiques pour 2013 aux lecteurs de ce blog !

Tous les amateurs de natation se souviennent du hochement de tête si particulier de Janet Evans. Elle sortait en effet systématiquement la tête de l'eau à chaque inspiration, plutôt que de garder la tête bien dans la vague comme on l'apprend.

On pourrait croire que c'était un défaut, qui certes ne l'empêchait pas de dominer sa discipline de la tête et des épaules.

Mais, en fait, si l'on s'intéresse à ce mouvement et surtout au moment précis où il intervenait dans son cycle de nage, on peut considérer que ce n'était pas du tout un défaut mais bien au contraire une technique pour nager encore plus vite.

D'ailleurs, 20 ans plus tard, sa successeur aux J.O. de Londres, la nageuse de 15 ans, Katie Ledecky, a adopté un mouvement assez similaire.


mercredi 9 janvier 2013

Why did Janet Evans move her head so much ?

(The French version of this post is here)

All swimming lovers probably remember the so distinctive nod of Janet Evans's head.  

Rather than keeping her head well into the wave (as we all learn during swimming classes), Janet used to move her head up and down and pulled her head outside of the water continuously at each inhalation. 

One might think that it was a flaw, even though it did not prevent her from dominating the 800m freestyle for so many years.

If we look at her head movement and especially if we consider the precise timing of her head motion during the stroke cycle, we must say that it was not a flaw but rather an excellent technique that made her a even faster swimmer. It is interesting to notice that her successor at the London Olympics, the 15-year old US swimmer Katie Ledecky, has a very similar head motion. 


dimanche 23 décembre 2012

Analyse de nage amateur: quelques défauts habituels

Voici quelques clichés tirés de l'analyse d'un nageur amateur triathlète sympathique (et très bon coureur à pied).

On y retrouve certains des défauts très habituels : des points auxquels chacun peut réfléchir par rapport à son propre crawl pour progresser en cette future année 2013.

Ce nageur a un crawl très asymétrique dans la mesure où le trajet de son bras droit et de son bras gauche ont des caractéristiques très différentes. Cela génère un fort désaxement de son corps et on peut voir comment il est obligé de sortir son bras droit très à l'extérieur pour tenter de rester sur le bon axe d'avancement du corps entier.


lundi 17 décembre 2012

statistiques de l'épreuve natation des Ironman



Le site runtri a réalisé une analyse des performances des 100.000 athlètes ayant fini l'une des 32 épreuves Ironman entre 2010 et 2012. (Bon, 100.000 cela peut sembler beaucoup mais rapporté à la population mondiale c'est infime ! Sans compter que parmi ces 100.000 concurrents, plusieurs ont très vraisemblablement couru plusieurs Ironmans).

1h16 est la durée moyenne nécessaire à ces athlètes pour nager les 3,8kms de natation de l'épreuve.


jeudi 25 octobre 2012

En profondeur : l'étrange battement de Mister Yang


Après avoir consacré beaucoup d'énergie et de temps à mon nouvel ouvrage, Light Feet Running, je reviens à mes premières amours avec un sujet dont le titre évocateur est presque digne d'un polar.

Je relisais l'excellent ouvrage de Didier Chollet "l'Approche Scientifique de la Natation Sportive" qui explique scientifiquement, dans un de ces chapitres, l'apport du battement de jambes.



D'un point de vue propulsif, l'explication scientifique est simple:

- considérant que les bras génèrent une force de propulsion égale à X et les jambes génèrent une force propulsion égale à Y, la vitesse du nageur n'est évidemment pas égale à X+Y (ce serait trop beau!). Si X est supérieure à Y, les jambes freinent le nageur et évidemment plus X et Y sont proches, moins les jambes freinent le nageur.

- La force de propulsion des bras n'est pas constante mais sinusoïdale  les bras n'exercent donc pas une force constante sur l'eau; au contraire, à certains moments dans le cycle de bras, la force est maximale (normalement lors du passage de la main sous-marine à l'aplomb de l'épaule) et à d'autres moments, elle est très faible voire nulle.

- De ce fait, il peut exister un moment dans le cycle de nage où Y devient supérieur à X (même durant un instant très court). C'est le cas en battement en six temps lorsque le nageur maintient un battement presque continu tout au long du cycle de bras.

En revanche, ce n'est pas le cas du battement 2 temps sauf à ce que le nageur place son battement au moment où la force de propulsion est la plus faible. Or, en battement 2 temps, c'est exactement l'inverse: le battement de pied est synchronisé avec le passage du coude sous-marin à l'appui de l'épaule, c'est à dire le moment où la force de propulsion est la plus grande. Donc en battement 2 temps, à aucun moment, Y est supérieur à X et on sait que X ne s'ajoute pas à Y. Alors pourquoi beaucoup de nageurs (par exemple Sun Yang, recordman actuel du 1500m) utilise très régulièrement un battement en deux temps ? 


mercredi 17 octobre 2012

Light Feet Running, mon nouveau livre


J'ai le plaisir de vous annoncer la publication de mon nouveau livre consacré, cette fois, à la technique en course à pied.

Pour plus d'informations, visitez mon blog: www.leplaisirdecourir.blogspot.com.

Pour en avoir un avant-goût, voici la Préface: