vendredi 28 mai 2010

En profondeur: Crawl: Flagrant délit d'overgliding (1)




Voici une vidéo qui tend à démontrer une ressemblance entre le style Total Immersion (TI) et la nage de Phelps et Cullen: http://www.youtube.com/watch?v=_ENDX_e7aRg&NR=1

Mis à part le fait que visiblement pour Cullen Jones et Phelps, cela apparaît être plutôt un éducatif qu'autre chose, il est intéressant de constater une différence (au moins une) assez flagrante entre les styles de ces trois nageurs: c'est le point de l'entrée de la main dans l'eau.

On peut voir sur ces photos que l'instructeur TI rentre sa main avec le coude plus plié  (environ 94°) que Cullen Jones (112°) ou Phelps (voir post 2 sur ce sujet). Cela a pour effet d'augmenter la phase de glisse du bras sous l'eau  de l'instructeur TI.

L'instructeur rentre sa main plus tôt dans l'eau, nettement plus près de sa tête et va chercher la glisse très loin devant (overgliding). Ce mouvement est très délicat à réaliser: l'instructeur TI arrive à ne faire strictement aucun remou avec sa main mais on va voir que Phelps notamment n'y arrive pas.

Au contraire, le fait pour lui de toucher l'eau trop près de l'épaule va occasionner une large gerbe d'eau qui va évidemment le ralentir. Le fait de rentrer la main trop tôt va allonger la durée de glisse de la main sous l'eau alors qu'il y a évidemment plus de frottement dans l'eau que dans l'air. De plus, si jamais on cherche à augmenter la fréquence de bras ou si on nage dans une eau pas parfaitement plane, la réalisation du mouvement sans remous va être encore plus délicate et surtout la résistance de frottement augmentant avec le carré de la vitesse, il faudra encore plus d'effort pour l'instructeur TI pour couvrir cette distance et cela le freinera encore plus.

En cela, Cullen et Phelps ont une approche beaucoup pragmatique en retardant légèrement l'entrée de leur main dans l'eau par rapport à l'instructeur TI, avec un angle du coude plus ouvert.

En profondeur : Crawl: Flagrant délit d'overgliding (2)


On voit bien sur la série de photos ci-dessus comment le fait pour Phelps de venir toucher l'eau près de sa tête génère une turbulence très importante qu'on ne voit pas du tout sur la série de photos suivantes ou, au contraire, le premier contact entre sa main et l'eau se fait plus tardivement et il y a très peu de turbulences.


Bonne nage !

jeudi 20 mai 2010

Penser à garder le cap en eaux libres



On peut visualiser le trajet d'un nageur qui portait un GPS sous sa combinaison lors de la partie natation d'un semi-ironman ; en fait de la distance officielle de 2km (1,98km si on trace une ligne droite entre chaque bouée), ce nageur aura nagé 330m de plus (soit un écart de près de 18% en plus). 

Temps perdu: 10 minutes (en assumant que les mesures du GPS sont exactes bien sûr!).

Penser à garder le cap!


mercredi 19 mai 2010

Kaizen: feel the drag ! (sentez le frottement)


Il est parfois intéressant pour prendre conscience de quelque chose de réaliser exactement le contraire !

Ainsi amusez-vous en brasse ou en crawl à juste même légèrement casser le poignet vers le haut quand vous allongez votre bras (en crawl) ou vos bras (en brasse) devant vous.

Vous allez immédiatement ressentir l'appui de l'eau contre votre main et la force de freinage qui en résulte bien que l'angle de la main ne soit pas forcément très ouvert et que la surface de votre main ne soit pas si grande que cela tout compte fait. Vous serez très probablement frappé par la force de freinage ressentie !

Cela vous permettra sans doute d'encore mieux prendre conscience en quoi un mauvais positionnement du corps (même léger) freine énormément les nageurs.

Cherchez ensuite sur votre corps entier cette sensation que vous avez ressentie contre la paume de votre main; quand vous nagez, faites le tour mentalement des parties de votre corps qui viennent heurter l'eau et chercher à ressentir si elles vous procurent cette même sensation: la tête, les épaules, et surtout le ventre, les jambes et les pieds. Si c'est le cas, nager plus gainé, plus horizontal et chercher à ressentir si ces sensations s'amenuisent grâce à cela.

L'exercice peut être fait les yeux fermés (après avoir vérifié l'absence de risque de collision).

Bon kaizen !



mercredi 5 mai 2010

lundi 3 mai 2010

Clin d'oeil géométrique...



Quand Ian Thorpe s'inscrit dans la divine proportion ou nombre d'or:




C'est peut être pour cela que le FQS est si esthétique....



mardi 20 avril 2010

Vidéo (Crawl): pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?


Je vous recommande la vidéo postée sur Swimsmooth du triathlète Scott Neyedli. Ce triathlète a récemment nagé les 3,8km de l'épreuve natation d'un Ironman en moins de 45'.


Vous remarquerez son style extrêmement simple et efficace à cadence élevée ; petit gabarit (1m72), il nage autour de 85 coups de bras/minute pour plus de 24 cycles au 50m. Cela ne l'empêche pas d'enchaîner les 100m sous les 1'10" facilement. Il respire en 4 temps et utilise un battement de jambes quasi constant.

On remarquera l'absence de tout déplacement du corps par rapport à la ligne médiane: son corps reste très fixe dans l'axe, les bras semblent très relâchés.

Le roulis est important. Pour combiner roulis et fréquence, il allonge ses bras comme sur deux rails très séparés l'un de l'autre. Il n'y pas de temps mort ou de glisse dans sa nage. Il casse le poignet dès l'entrée dans l'eau pour immédiatement initier son "catch".

Son trajet sous-marin est relativement simple et efficace.

Un bel exemple d'une nage rapide sans aucune complication inutile !



mercredi 14 avril 2010


Nager de Jean-François AGOSTINI



Nager…

Nager, m'éloigner lentement aux cycles de mes brasses
Nager frôler lointain les silences salins
Rouiller mes souvenirs émietter leurs tortures

Nager caresser la tiédeur des mouvances affectives
Nager oubli des lettres au déroulé des membres
S'épanouir dans les fluides inondés de pâleur

Nager déchirer dans les lames les regrets immobiles
Découvrir un courant lui offrir ma dérive
Offrir des mots au large qu'il les terre ! Oublier .

Nager, nager vers la lueur que seule la mer éteint…

lundi 12 avril 2010

Le mental sur longue distance

Faisant écho à mon post précédent, un article du Monde sur le sujet de mental en endurance (spécialement sur marathon mais cela vaut aussi pour les autres sports):


mardi 6 avril 2010

samedi 3 avril 2010

vendredi 2 avril 2010

Ondes de choc: pour ceux qui cherchent à gagner des centièmes...


Question:

"Bonjour,

En parlant de principe de mécanique de fluides, un MNS a dit : " vu qu'il y a plus d'eau, eau plus profonde dans un bassin de 50m que dans un bassin de 25m : la nage est ralentie ". Je trouve ce principe absurde !

Est-ce la réalité ?

Qu'en pensez-vous ?

Caro"

Réponse:

La profondeur du bassin peut avoir un effet sur la performance (mais bien évidemment marginal). En effet, plus le bassin est profond et large, moins les ondes de chocs sont importantes : c'est pour cela que le bassin des JO de Pékin était le plus profond jamais construit (3m) et qu'il y avait 10 lignes de nage et non 8 (alors que seules 8 étaient utilisées, les deux autres servant juste à "amortir" l'onde de choc des nageurs contre le bassin).

Il n'empêche que grace à la vitesse gagnée en virage, les records de natation en bassin de 25m sont tous nettement plus rapides qu'en bassin de 50m."

Merci à Caro pour cette question. Si vous en avez d'autres, n'hésitez pas!

lundi 29 mars 2010

Papillon: amplitude et hydrodynamisme

Une intéressante vidéo qui compare le style de Phelps à celui de Thompson (ICI).

Une des difficultés du papillon est que plus l'ondulation est ample, plus l'hydrodynanisme se déteriore car la surface frontale du nageur augmente avec l'amplitude.

Pour éviter cela, en papillon, il faut chercher à nager dans un espace horizontal relativement restreint et proche de la surface. Phelps fait mentir cette règle et nage, grâce à sa souplesse et sa puissance musculaire, dans une zone plus large que Thompson et va pourtant plus vite. Cela dit, il faut remarquer que la puissance de jambes de Phelps lui permet remonter très vite le bassin, ce qui le place dans une bien meilleure position hydrodynamique que Thomson dont le bassin reste plus longtemps plus bas (28'' de la vidéo).

Il n'en reste pas moins que nager bien gainé en papillon, en veillant à rester dans une zone peu profonde est une approche intéressante pour veiller à préserver son hydrodynamisme (exactement le contraire de cette vidéo de Total Immersion: LA).

samedi 27 mars 2010

Crawl: Fréquence versus amplitude



La vitesse en natation est la résultante d'une équation des plus simples:

La vitesse est égale à la fréquence multipliée par l'amplitude

Difficile de faire plus simple ! Pourtant c'est loin d'être si facile quand on cherche à nager vite. Doit-on rechercher l'amplitude plutôt que la fréquence ou bien l'inverse ? L'idéal est de trouver le bon compromis entre fréquence et amplitude.

Pour tenter de trouver une réponse, il faut se baser sur plusieurs constatations:

Première constatation : le nageur le plus rapide est généralement celui qui a la meilleure amplitude.

C'est une règle généralement vérifiée bien qu'il existe des contre-exemples notoires (ex: Janet Evans) et qui concernent plutôt les nageurs de type body-driven.

Seconde constatation: le nageur qui a la meilleure amplitude a le meilleur battement. Le rôle des jambes est en effet important dans la recherche d'amplitude (surtout considérant la constatation suivante).

Troisième constatation: trop de recherche d'amplitude gènère des temps morts dans la nage qui sont préjudiciables à la vitesse. C'est pour cela qu'une recherche d'amplitude sans battement efficace aboutit souvent à une nage beaucoup moins efficace qu'il n'y paraît.

Quatrième constatation: trop de fréquence détériore l'hydrodynamisme du nageur et par la même son amplitude. Plus la fréquence s'élève, plus il est difficile de rester hydrodynamique et de ne pas faire de mouvements parasites.

Cinquième constatation: il n'y pas de lien direct entre la fatigue, la fréquence et l'amplitude. Nager avec une fréquence de bras élevée ne veut pas dire forcément se fatiguer plus qu'avec une fréquence plus lente: d'abord car la fréquence est sans lien avec le niveau d'effort musculaire (un peu comme au vélo, ce n'est parce qu'on mouline des jambes qu'on se fatigue plus vite, bien au contraire) et que tourner les bras plus fréquemment induit plus de respirations par minute (d'où a priori une meilleure oxygénation). Dans le post sur la nage en eaux libres (ICI), on a vu l'exemple des triathlètes qui nagent avec relativement peu d'amplitude et beaucoup de fréquence.

God damnit ! Mais que faire de toutes ces constatations ?

D'abord, l'amplitude pour l'amplitude est contre-productif: il faut abandonner l'idée de chercher l'amplitude avant tout ! Chercher à glisser en augmentant la durée de la phase entre le moment de l'extension de la main avant et le "catch" ralentit le nageur et l'oblige à se relancer. Il induit un phénonème de déccélération qui est à éviter. C'est une nage plaisir (c'est vrai!) mais au total limitante car si l'on désire accélérer, on va avoir tendance à rentrer dans un mur. Plus de déccélaration et donc plus d'accélération seront nécessaires ce qui aboutira vite à un plafond. Mine de rien, les très bons nageurs qui nagent en FQS limitent beaucoup la phase de "glisse" et la soutiennent toujours grâce à un battement de pied efficace.

La fréquence pour la fréquence n'est pas non plus une bonne solution car il faut bien tirer parti de l'amplitude de nage mais raisonnablement.

En conclusion,

- il faut plutôt chercher à garder une fréquence décente et à ne pas ralentir trop au-delà de la fréquence de 1 coup de bras par seconde. Cela permet de garder un bon momentum dans la nage et éviter les temps morts ;

- une fois que le bras est tendu et l'épaule avancée, il faut s'appliquer à entamer le catch si on veut garder une nage efficace;

- pour ceux qui ont un battement inefficace (ou qui veulent simplement reposer leurs jambes), opter pour un travail en fréquence sera sans doute plus payant : à tester bien sûr.

vendredi 26 mars 2010

jeudi 25 mars 2010

Une affaire d'équilibre et de compromis


La natation est une affaire d'équilibre et de compromis :

Equilibre dans tous les sens du terme : propre et figuré !

Equilibre et compromis entre fréquence de geste et amplitude.

Equilibre et compromis entre amplitude des mouvements et hydrodynamisme.

Equilibre et compromis entre effort et relâchement.

Bon kaizen...