Blog consacré à la technique en natation et au plaisir de nager.o

jeudi 16 février 2012

3 éducatifs pour travailler le coude haut sous l'eau



Voici trois suggestions d'éducatifs pour se familiariser et travailler la position "coude haut" lors du trajet sous-marin:




Bonne nage !

mercredi 8 février 2012

Les secrets de Jono



Beaucoup d'entre vous ont sans doute été impressionnés par la vidéo de Swimsmooth du crawl du nageur australien Jono van Hazel (médaillé olympique à Athènes).

Bien sûr, nager de la sorte demande des années de travail, un apprentissage très jeune et je n'aurai pas la prétention de dire que l'on peut espérer nager comme JVH facilement, voire même un seul jour dans sa vie !

Cela dit, je pense qu'il y a certains "trucs" utilisés par JVH dans sa nage et dont le nageur amateur confirmé peut chercher à s'inspirer: là encore, il ne s'agit pas de copier bêtement un style de nage mais plutôt chercher à comprendre ses caractéristiques pour essayer de les intégrer intelligemment dans sa nage. Ces conseils s'adressent évidemment plutôt aux déjà bons nageurs qui maîtrisent déjà très bien la technique de crawl.


Cet article ne se veut pas du tout exhaustif sur tous les aspects techniques du crawl de Jono Van Hazel mais cherche uniquement à souligner certains "trucs" qu'il utilise ainsi que bon nombre d'excellents nageurs à l'heure actuelle :

Les trucs:

Voici donc quelques-uns des trucs de JVH pour nager si bien et si vite:

- son très bon gainage : on peut remarquer comment son corps ne bouge absolument pas quelque soit sa fréquence de bras. Tout son corps est fixe et ses membres sont relâchés. L'assiette de son corps reste horizontale et il reste tendu exactement dans le sens du déplacement sans mouvement parasite, ni déplacements latéraux :


 - le placement de l'épaule: point maintes fois abordé et détaillé dans mon livre et sur ce blog; vous remarquerez comment il arme son épaule contre sa mâchoire et maintient cette position durant le "catch" et le "pull" (c'est à dire jusqu'à ce que le coude et la main passent la verticale de l'épaule). L'épaule joue donc un rôle de pivot et non pas de traction. En plus cela lui permet de n'ouvrir aucun espace entre sa tête et son épaule, ce qui augmente son hydrodynamisme et cela place le point de pivot au maximum devant lui (meilleure amplitude du mouvement). La série de clichés suivantes montre le placement de son épaule tout au long du mouvement sous-marin du bras. On notera l'épaule toujours très avancée et collée le plus possible au visage :










On retrouve cette position de l'épaule chez tous les bons crawleurs (la photo indique également l'angle du roulis) :


A titre de comparaison, on peut remarquer la différence dans le placement de l'épaule entre Jono Van Hazel et cet autre athlète:






- Le placement du coude: Jono Van Hazel utilise un "Early Vertical Forearm" (avant-bras vertical précoce (en français)) : il abaisse son avant-bras en gardant son biceps presque parallèle à la surface. Cela augmente la surface d'appui sur l'eau dans le sens opposé au déplacement du nageur et donc augmente sa puissance et lui permet un excellent "catch". Cela est également bon pour son hydrodynamisme comme déjà expliqué sur ce blog. Cela dit, Jono n'a pas non plus un EFV des plus extrêmes (comme on peut le voir chez d'autres nageurs: ex: Camille Muffat, Agnel, Hackett.....).





- l'engagement des muscles dorsaux: cette manière de garder l'épaule collée au visage va l'aider à tout de suite à se servir de ses muscles dorsaux pour tracter l'eau (pointés par la flèche rouge sur la photo ci-dessous). Là encore, j'ai abordé ce point dans le livre et le blog; l'utilisation de ses muscles est beaucoup plus intéressante en termes de rendement et de puissance que ceux de l'épaule. Cet engagement n'est possible également que grâce au roulis des épaules du nageur. C'est la conjonction du roulis et du maintien de l'épaule en position avancée qui permet cela.


- peu d'à-coups dans la vitesse: on dit souvent que pour avoir une nage efficace, il faut nager avec le moins d'à-coups possibles. Jono Van Hazel y excelle et possède une vitesse très constante (quelque soit sa vitesse d'ailleurs) en nageant sans à-coups.


Conclusion:


Il est probable que certains trouveront son style trop extrême par certains aspects. Pour d'autres, il sera tout simplement impossible à copier faute d'avoir les qualités physiques et la maîtrise suffisante; enfin pour d'autres, cela peut être intéressant de chercher à s'en inspirer pour se rapprocher de ce style très fluide et efficace et améliorer leur crawl. 


L'essentiel est de comprendre comment et pourquoi ces "trucs" (parmi d'autres bien sûr!) ne constituent rien d'autre que des solutions (convenants peut être pas à tous et à toutes) pour résoudre les difficultés propres au déplacement le plus rapide possible dans le milieu aquatique. 

Bonne nage!

mercredi 18 janvier 2012

Test: le Swimsense de Finis




Il existe actuellement sur le marché français 4 montres qui permettent de compter automatiquement les longueurs en nageant:
- la Pool-Mate (en version normale ou version pro),
- l'Aquacoach de Speedo,
- la Swimsense de Finis,
- la Garmin 910XT (en cours de commercialisation).


Toutes ses montres permettent d'enregistrer les longueurs automatiquement en piscine en utilisant un accéléromètre. Seule la Garmin 910XT comporte également un GPS qui lui permet de mesurer les distances en nage en eaux libres.

J'ai pu tester depuis maintenant plusieurs mois la Swimsense. En revanche, je n'ai testé aucun des autres modèles.




Voici donc le résultat de mon test de la Finis Swimsense:

1) présentation générale:

Le produit est livré dans une boite noire qui contient à la fois la montre et la base de raccordement via port USB vers un ordinateur (Mac ou PC), ainsi que le mode d'emploi (simple et compréhensible).

La montre est un rectangle noir, à l'écran en N&B, relativement volumineux et épais, plus que la Speedo ou la Poolmate (voir photos), mais moins que la 910XT. L'écran est facilement lisible. Son look et son volume ne la rendent pas vraiment utilisable en dehors des bassins. Elle contient néanmoins un chronomètre et indique la date et l'heure.


Voici un aperçu des fenêtres de la montre et de leur aspect :


Particularité: lorsque la montre est en mode pause, le fond de la montre devient noir et les chiffres apparaissent en blanc. C'est pratique pour vérifier d'un regard si la montre enregistre les temps ou non. La montre possède 4 boutons placés à chaque coin qui sont faciles d'utilisation. La montre dans son ensemble (bracelet compris) paraît solide, avec une petite réserve pour le passant en plastique de la montre qui paraît fait d'un plastique moins durable que le bracelet (seul l'avenir nous le dira ; cela dit, il sera certainement facile de le remplacer par un autre passant ou un élastique).

L'écran uniquement en N&B est un peu austère mais remplit en fait bien sa fonction et l'absence de couleur ou de graphisme plus original n'est pas gênant. Cela donne l'impression d'avoir un instrument de mesure scientifique plutôt qu'un gadget. Avis strictement personnel c'est vrai.

La base de raccordement est facile à connecter tant à la montre qu'à l'ordinateur. Elle sert à la fois pour l'interface des données de la montre avec le Dashboard (nous verrons que c'est une fonction très importante de la Swimsense) et aussi à recharger la montre.


La Swimsense comparée à la Poolmate (avec et sans la base):
(source: dcrainmaker.com)





 2) la prise en mains et la mise en marche:

Le produit est très simple à utiliser. Il suffit tout d'abord de le configurer (choix du système métrique ou yards, longueur du bassin, poids du nageur, sexe, âge, poignet gauche ou droit, heure) ce qui ne pose pas de problème particulier.

Le système permet de choisir si l'on désire que l'enregistrement des intervalles se fasse automatiquement ou non. Si vous optez pour cette fonction, la montre détectera automatiquement si vous vous arrêtez en bout de ligne pour vous reposer et en tiendra compte dans le calcul des intervalles et le décomptera automatiquement de votre temps de nage. 


Sinon, il suffit de mettre manuellement la montre en mode pause pour obtenir le même effet. Pour cela, il suffit d'appuyer sur le bouton pause.

Le système automatique de détection d'intervalles m'a paru fiable mais j'ai opté la plupart du temps pour le mode de pause manuelle.

3) Mémoire et batterie:

La montre permet d'enregistrer 14 entraînements. La batterie se recharge rapidement. La durée maximale de la batterie telle qu'indiquée par Finis est de 4 heures en mode utilisation natation. Je n'ai pas été jusque là mais uniquement jusqu'à 1h45 sans aucun problème. La charge de la batterie était loin d'être épuisée.


Entre deux utilisations en piscine, il est possible de mettre la montre en mode "OFF" pour éviter de gaspiller les batteries. L'indicateur de batterie est facilement visible.

4) Les données enregistrées:

La montre enregistre:
- le temps de nage,
- le temps de repos,
- le temps de chaque longueur,
- le nombre de cycles de bras pour chaque longueur,
- la distance par coups de bras de chaque longueur (en moyenne par longueur),
- la fréquence de bras de chaque longueur (en moyenne par longueur),
- le nombre de calories dépensées.

La montre permet de visualiser sur son écran les informations suivantes après ou pendant la séance:
- temps nagé / temps de repos,
- distance totale et nombre d'aller/retour total,
- nombre moyen de coups de bras par longueur,
- temps moyen au 100m,
- nombre de calories brûlées,
- le même détail par type de nage pratiquée,
- le nombre d'intervalles et le type de détail par intervalle (que ceux précédemment cités).


On peut facilement configurer les informations disponibles sur l'écran de la montre.


Toutes les autres informations et surtout la visualisation synthétique et détaillée de la séance et du SWOLF(1) score sont disponibles au travers du site swimsense une fois qu'on y a téléchargé les données prises durant l'entraînement.

5) La fiabilité de l'enregistrement des séances:

La montre semble avoir un très bon niveau d'exactitude. La montre compte par cycle des deux bras ; aussi, elle peut vous indiquer 20 cycles alors que vous aurez fait 39 ou 40 coups de bras suivant que vous finissez votre longueur sur le bras où se trouve la montre ou non.

La détection automatique du type de nage (crawl, brasse, papillon, dos) se fait bien.

J'ai eu quelques déboires au début; la montre s'éteignant notamment lorsque je mélangeais les nages durant une longueur. Finalement, ce défaut semble être corrigé grâce à la dernière version du logiciel disponible sur le site Swimsense.


Concernant la dépense calorique, il est difficile d'apprécier la fiabilité. Finis a opté pour un système basé sur le poids, le sexe et la vitesse (sans prendre en compte le rythme cardiaque comme le font habituellement les montres sophistiquées évaluant la dépense calorique). Je n'ai pas d'informations précises sur la justesse du choix de Finis. Les données de dépenses caloriques semblent assez plausibles toutefois mais je n'ai aucune certitude sur le degré de précision. J'essaierai peut être d'approfondir cette question dans un autre post sur mon blog.


6) le transfert des données sur Swimsense Dashboard et leur utilisation:


C'est certainement là que réside le plus grand intérêt de la Swimsense par rapport à ses concurrentes. 


Ce dispositif permet entre autres:


- une vision très précise des données recueillies; voici un exemple de capture d'écran:





Ces données sont disponibles pour toute la séance, mais pour aussi pour chaque intervalle et également pour chaque longueur; pour cela, il suffit de cliquer la barrette concernée. La superposition de la courbe de fréquence et de distance par coup de bras est particulièrement intéressante pour juger de son endurance et de sa constance dans sa technique tout au long d'une série ou d'un entraînement.


- le transfert des données du Dashboard d'un clic vers des logiciels tels que TrainingPeaks, RunKeeper, SportTrack et 2PEAK ;


- la mise à jour du logiciel de la montre ; à ce titre, on peut compter sur Finis pour certainement affiner le logiciel et rendre la montre évolutive ;


- l'accès à ses données, une fois téléchargées, via n'importe quel ordinateur (sans avoir besoin d'avoir la montre avec soi) ;


- la comparaison par rapport aux autres nageurs utilisant Swimsense: ainsi, on peut se comparer selon des critères choisis (sexe, tranche d'âge, type de pratique....) aux autres nageurs utilisant le Dashboard dans le Monde. L'intérêt est anecdotique mais c'est tout de même amusant ;


- Dashboard offre également des services payants (plan d'entraînement par exemple) que je n'ai pas testés.


Conclusion:


La Swimsense fait indéniablement le boulot ! Le degré de précisions des relevés de données (surtout via le Dashboard) est impressionnant. 


Grâce à elle, vous connaîtrez précisément votre temps de nage, vos temps pour chaque série, votre temps de repos, la distance parcourue, votre fréquence de bras, vitesse, distance par coup de bras....etc..., à la fois globalement et dans le détail pour chaque longueur.


Au delà de la montre elle-même, l'intérêt est l'utilisation du Dashboard pour analyser ses séances à posteriori. Maintenant, il faut en avoir l'utilité et, en cela, cette montre sera un vrai outil pour les entraîneurs et les nageurs en quête de perfectionnement et d'analyse fine. L'outil est très élaboré ce qui explique son positionnement haut de gamme avec un prix (autour de 200 euros) qui le place au-dessus de ses concurrents (mise à part la Garmin 910XT beaucoup plus chère mais offrant d'autres fonctionnalités en dehors de la natation).


Bonne nage !


(1) SWOLF score: système de comparaison consistant à ajouter le temps nagé par longueur au nombre de cycles de bras pour cette même longueur.

mercredi 11 janvier 2012

Précision: l'exemple du battement deux temps


(toile de l'artiste Ana Teresa Fernandez)
Ce post vient en complément d'un récent post sur le battement deux temps car il semble que, pour certains, il n'est pas évident de comprendre quelle jambe doit s'enfoncer et à quel moment.

La règle d'or du battement deux temps est la suivante: la jambe doit finir de s'enfoncer au moment où l'épaule opposée est en position "armée" pour le catch

Par "armée", il faut comprendre l'instant juste avant l'initiation du mouvement de retour vers l'arrière de la main sous-marine. La séquence est donc la suivante: j'enfonce ma jambe, je glisse et place mon épaule opposée devant moi prête pour l'appui de mon bras et de main vers l'arrière. Tout cela se passant bien sûr en quelques fractions de secondes.

Si vous pensez ainsi à caler le mouvement de la jambe avec l'armement de l'épaule opposée, vous devriez trouver plus facilement le bon timing du battement 2 temps.

Voici deux illustrations de ce bon timing:


(image tirée sur du blog de Badig)


(Lotte Friis en action)


Bonne nage!

www.leplaisirdenager.blogspot.com

vendredi 6 janvier 2012

Défaut habituel: la main trop près de la surface et l'affaissement du bassin

Bonne année à toutes et à tous !




Pour identifier un bon nageur au premier coup d'oeil (ou presque), il y a un truc assez infaillible: son horizontalité dans l'eau et plus particulièrement son bassin toujours très proche de la surface. 

Je ne reviendrai pas en détails sur l'importance de l'horizontalité car j'en ai déjà beaucoup parlé sur le blog et dans le livre. De manière simple, plus le nageur est horizontal sur l'eau, moins il va offrir de résistance à l'eau et il va donc nager plus vite à moindre effort. Par horizontalité, il faut comprendre la ligne de profil du nageur, c'est à dire que lorsqu'on l'observe nager de profil, sa tête, son bassin et ses jambes doivent restés le plus possible sur une même ligne horizontale.

Maintenant beaucoup de déjà bons nageurs ont tendance à se tirer une balle dans le pied en gardant la main trop près de la surface lors de l'extension du bras devant eux. C'est une tendance d'ailleurs assez naturelle. Or, cela a souvent pour effet d'affaisser le bassin ce qui va freiner le nageur.

Voici l'illustration en images:

- Le bon exemple est celui du triathlète australien Pete Jacobs (excellent nageur): il réalise l'extension du bras selon la bonne séquence: allongement dans l'axe de l'épaule puis immédiatement légère prise d'angle vers le fond. Son bassin reste "scotché" à la surface, ce qui vient de cette bonne exécution du mouvement du bras mais aussi bien sûr d'une bonne souplesse et d'un bon équilibre général :







- le mauvais exemple: au contraire de Pete Jacobs, ce nageur a tendance à garder sa main trop près de la surface lors de l'allongement du bras, voire même à remonter la main vers le haut en pointant légèrement son bras vers la surface. Cela a un effet immédiat: son bassin s'affaisse. Sur les vues de face, on voit bien le trajet de la main très près de la surface. Sur les vues de profil, on voit le bras pointer vers la surface et le bassin s'affaisser:










Si vous avez l'impression d'avoir le bassin qui s’affaisse, ou bien si vous manquez de souplesse dorsale, pensez à vérifier le trajet de votre main devant vous sous l'eau !


Bonne nage !


vendredi 23 décembre 2011

Defaut habituel: bien lever le coude !



En crawl, le nageur doit veiller à ramener sa main et son coude vers l'avant lors du retour aérien par un mouvement d'abduction de l'épaule, en évitant l'extension/flexion de l'épaule.

Quelle est la différence ?

Le petit schéma suivant montre les différentes possibilités de déplacement de l'épaule: 
- soit d'avant en arrière (axe transverse: mouvement de flexion ou d'extension),
- soit sur le côté (axe sagital: c'est le mouvement d'abduction qui consiste à relever le coude vers le haut et d'adduction qui est le même mouvement en sens inverse),
- soit en rotation latérale (axe longitudinal).



Beaucoup de nageurs amateurs effectue le mouvement de remontée du coude de manière incorrecte: ils font revenir la main et le coude vers l'avant grâce à un mouvement d'extension/flexion de l'épaule et non pas d'abduction. Pour cela, ils étirent leurs épaules vers l'arrière, ce qui, à force de répétitions, peut être une source de douleurs et de blessures.

En voici deux exemples illustrés:

- Un nageur utilisant son épaule en extension: il amène son coude en arrière, ne lève pas le coude en abduction et fait passer sa main devant le coude bien avant que le coude ne soit à la verticale:


  










- Un nageur utilisant correctement son épaule en abduction: son coude ne dépasse jamais son profil ; la main ne passe devant le coude qu'après que le coude soit bien passé à la verticale ; le bras est relâché:












Bonne levée de coude ! (cette période de l'année s'y prête bien)...


Et bonnes fêtes!


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