jeudi 28 juillet 2011

En honneur aux dossistes







Une fois n'est pas coutume sur ce blog, en honneur à nos deux co-médaillés d'or, voici une vidéo du japonais Ryosuke Irie (1m77 (seulement!) et arrivé troisième d'ailleurs sur le 100m dos à Shanghai) et de Ryan Lochte (recordman du Monde à Shanghai sur 200m 4 nages), dans une de leurs démonstrations de la technique du dos crawlé.






Certains disent que le dos crawlé est en fait du crawl retourné. Il y a du vrai surtout quand on observe la position du corps juste avant le retour du bras sous-marin. 

Le nageur prend une position très particulière, faisant en sorte que son flanc qui va de son épaule à son bassin soit positionné pareil à la carène d'un bateau. Cela demande beaucoup de souplesse et de maîtrise, surtout quand on voit que les meilleurs dossistes gardent leur tête parfaitement immobile alors que le corps se désarticule autant sous l'eau (c'est particulièrement le cas d'Irie). 

Cette ligne est matérialisée par le trait rouge sur les clichés ci-dessous. 

On voit bien la séquence: basculement du corps sur le côté avec allongement du bras devant puis appui et retour du bras vers l'arrière. Une fois le bon basculement et alignement du corps réalisé, le nageur commence le trajet de retour de son bras. 







Si on traçait ce trait rouge sur une coque de bateau, cela donnerait approximativement cela:


On remarque d'ailleurs l'importance du roulis du bassin des deux nageurs (ex: Lochte sur les deux photos suivantes) qui va à l'encontre du conseil souvent donné de garder le bassin à plat.





Bonne nage!

samedi 23 juillet 2011

Analyse d'une nageuse



Voici la vidéo d'une nageuse amateur. Elle nage le 400m en à peu près 9'. Son style est "esthétiquement" pas si mal.

Cela dit quand on y regarde de plus près on peut constater qu':

- le retour de son bras en l'air n'est pas bien exécuté: c'est un défaut très courant ; comme d'ailleurs pour l'autre nageur déjà analysé sur ce blog, elle a une forte tendance à guider le mouvement avec la main et pas le coude. Il faut comprendre qu'une grande partie de la puissance de l'appui du bras sous-marin dérive du mouvement du bras aérien. Le nageur doit nager avec ses deux bras "connectés" dans le sens où la mobilisation des muscles du tronc pour amener l'épaule aérienne de l'arrière vers l'avant va aider au trajet de l'avant vers l'arrière de l'épaule et du bras sous-marin. Si le trajet aérien du coude n'est pas bien réalisé, c'est autant de puissance en moins pour l'appui sous-marin.

- l'entrée de sa main dans l'eau a tendance à se faire par la tranche (voir photo):
- une légère tendance à croiser la ligne médiane avec un corps qui sort un peu de son axe et un "scissor kick" (coup de ciseau) des jambes trop large (deux photos suivantes):

- elle manque d'amplitude lors du retour aérien: sa main rentre un peu trop près de la tête et le coude est trop bas: si on compare avec l'autre image (celle de Phelps), on voit la différence de placement de l'épaule (plus de roulis, on voit bien son dessous de bras), du coude (le coude est encore très haut même après le passage devant la tête), de la main (la main va rentrer plus loin devant la tête).

- la tête sort trop haut lors de la respiration: sa tête ne devrait pas se redresser :

- d'une manière générale, elle donne l'impression de passer à travers l'eau et de ne pas trouver de bons appuis.

Je pense que l'explication de son manque de vitesse est avant tout un style de nage pas forcément bien adapté à sa morphologie et à ses qualités physiques; elle s'applique à nager en FQS mais pour cela elle réalise 3 choses qu'il limite beaucoup sa vitesse et sa marge de progression et font que ce style n'est sans doute pas le meilleur pour elle:

- d'abord sa fréquence de bras est trop basse surtout compte tenu de son amplitude. Elle devrait s'efforcer d'augmenter la fréquence. Cela lui fera certainement mieux ressentir l'appui de sa main et de son bras sur l'eau (car, en effet, elle donne l'impression de passer au travers de l'eau bien que son geste sous marin soit vu de l'extérieur pas trop mal); il ne faut pas croire qu'en crawl, l'augmentation de fréquence se traduit automatiquement par un plus gros niveau d'effort;

- dans la phase de cycle FQS où le bras est allongé devant et l'autre bras revient, comme elle n'utilise pas bien son coude et son battement pour continuer à générer de l'inertie durant cette phase, en fait, elle s'ancre sur l'eau à ce moment là. Le bras avant devient tout simplement un frein durant cette phase (temps mort). Pour éviter cela, il faudrait avoir un battement puissant (c'est le cas des meilleurs nageurs en FQS) et une meilleure gestuelle du coude et du tronc (combiné avec du roulis) avec beaucoup plus d'amplitude pour maintenir l'inertie;

- du fait d'un trajet du coude aérien sans amplitude, l'entrée de la main dans l'eau est trop freinante; c'est surtout visible sur le bras gauche. La main rentre trop à plat avec le bras. La chaîne épaule coude main manque donc d'amplitude et c'est autant de puissance qui ne se retrouve pas dans l'appui sous-marin sur l'autre bras (comme expliqué au début de ce post).
 
Bonne nage !

jeudi 21 juillet 2011

L'ondulation




Voici un bel exemple d'ondulation dorsale par Nathalie Coughlin. On peut observer la jolie manière dont l'ondulation est produite par le torse et pas seulement par les jambes, d'où sa grande efficacité et l'avantage prise sur ses concurrentes.



Une autre vidéo de ce même mouvement de profil est visible ici. Encore plus impressionnant!

La nageuse prend beaucoup d'angle dans sa coulée pour retarder au maximum sa remontée vers la surface.

On peut remarquer que les jambes de la nageuse sont légèrement écartées. 

Ce point est développé dans une petite vidéo de Goswim (outside-in-kick) qui montre comment certains nageurs et nageuses écartent légèrement les genoux lors de l'ondulation - un peu à l'exemple du coup de ciseau en brasse - avec un coup de fouet vers l'intérieur des mollets et des pieds.

Bonne nage!

PS: attention aux lombaires dans ce genre d'exercices.


jeudi 14 juillet 2011

le trajet aérien du bras

Lisez ce post dans le livre "Le Plaisir de Nager"


La position de la main sous-marine





Voici une série de clichés tirés d'une récente vidéo de Janet Evans à l'entraînement.

Elle illustre parfaitement comment on doit toujours chercher à garder la paume de la main dans un plan perpendiculaire au mouvement dès le début et jusqu'à la fin du mouvement sous l'eau.










Bonne nage !

mardi 12 juillet 2011

Analyse d'un nageur









Voici des photos extraites de la vidéo d'un nageur amateur (la vidéo d'origine est visible sur le forum natationpourtous.com).

Ce nageur nage en style FQS, de manière très marquée. Sur cette vidéo, il enchaîne 2 x 25 mètres : premier 25m en 16 coups de bras et second 25m en 15 coups de bras. Le FQS y est certainement pour beaucoup car celui permet de bien profiter de la glisse. Sa position dans l'eau est plutôt bonne, notamment son horizontalité. Son bassin reste toujours près de la surface, ce qui explique en partie son faible nombre de coups de bras par longueur.

Cela dit, quand on observe sa nage au ralenti, on peut détecter plusieurs points sujets à amélioration.

- la position de la tête: lors de la respiration, la tête sort un peu de l'axe horizontal. Pour autant, cela ne semble pas le déséquilibrer et lui faire enfoncer le bassin. Ça pourrait peut être devenir un problème en nage plus rapide.



- des positions de mains qui ne sont pas optimales durant plusieurs phases (appui sous-marin, fin de poussée, retour aérien et entrée de la main dans l'eau): l'appui sous-marin de la main n'est pas assez perpendiculaire au mouvement du nageur: le nageur, du fait de l'angle que prend sa paume de main, a tendance à pousser l'eau non pas vers l'arrière mais vers les côtés. Cela le déséquilibre et nuit à l'efficacité de son geste:


Lors du retour vers l'avant:


Lors de l'appui: la main ne paraît pas être sur un plan perpendiculaire au mouvement:








Lors de l'entrée de la main dans l'eau: l'entrée se fait par le pouce et non par les trois doigts centraux:


- un retour aérien du bras droit bras tendu: on voit bien sur la série de photos suivantes comment le nageur ramène son bras presque tendu vers l'avant. Ca ne peut pas être considéré comme un défaut en soi; beaucoup d'excellents nageurs nagent avec un retour aérien bras tendu, le coude n'étant que légèrement plié et la main étant au dessus du coude (et non l'inverse). Cela dit, ce geste combiné à une nage en FQS aboutit à faire jouer au bras sous-marin un rôle important d'équilibre sur l'eau (en dehors du rôle de propulsion). Le nageur va avoir tendance à s'appuyer sur ce bras pour garder son équilibre. Cette longue phase d'appui n'est pas bonne pour la vitesse. Si le nageur veut nager plus vite, il aura plutôt intérêt à soit revenir à un trajet du bras avec le coude plié (ce qui permet un mouvement plus rapide) soit initier son "catch" plus vite, et même si possible les deux ensemble.












- le trajet de retour du bras gauche est incorrect : on peut remarquer sur la série de clichés suivantes comment la trajectoire du bras gauche lors du retour aérien est totalement différente de celle du bras droit. Là où le bras droit tendait à rester presque tendu, le bras gauche est lui presque trop plié.





On voit sur les deux clichés suivants comment le coude ne joue pas son rôle de guide. Le coude doit tracer un arc de cercle presque complet autour de l'épaule. C'est le coude qui guide le retour aérien du bras, pas la main. J'avais d'ailleurs écrit un POST à ce sujet. En procédant de la sorte, le nageur n'utilise pas bien ses muscles dorsaux, ni l'inertie du bras et ne tire pas assez profit de son allonge. De plus, cela l'oblige à faire entrer sa main trop près de la ligne médiane du corps (ligne blanche) et cela le désaxe. D'ailleurs, on voit comment au moment de l'entrée de la main gauche dans l'eau, ses jambes partent vers la droite et sortent de son sillage.








Quelques suggestions:

- revoir et corriger le retour aérien du bras gauche,
- penser à garder la main sous-marine perpendiculaire à l'avancement le plus possible,
- ne pas entrer la main dans l'eau par le pouce.

Pour un objectif chronométré ou de compétition (ex; triathlon, eaux libres), il faudra certainement penser à réduire le temps de glisse, initier la prise d'eau plus tôt et donc revoir le timing de la nage dans son ensemble.


Bonne nage !