mardi 16 décembre 2014

FAQ : comment travailler sa poussée des bras ?

Question:

"Quels éducs sont préconisés pour bien travailler sa poussée ?
Je dois
travailler mes bras, donc tous les exercices seront les bienvenus"

Ma réponse:


D'abord, il faut peut-être préciser ce qu'on entend par "poussée". En crawl, le mouvement sous-marin de la main se décompose en trois phases: la prise d'appui, la traction et la poussée. La poussée est la phase à partir de laquelle la main passe la verticale de l'épaule. Généralement, le nageur cherche à travailler et parfaire tout son mouvement sous-marin et pas uniquement la poussée. 

Tous les éducatifs suivants aideront le nageur à améliorer ses appuis sous l'eau:
- le petit chien : le nageur effectue le mouvement de crawl habituel sauf qu'il va ramener son bras devant lui sous l'eau et non pas hors de l'eau ;
- le crawl à un bras : le nageur ne nage qu'avec un bras, l'autre bras reste le long du corps. Une variante est de garder le bras immobile allongé devant soi ;
- le crawl rattrapé : le nageur ne commence son mouvement de bras qu'une fois que l'autre bras est droit devant lui ;
- le crawl poing fermé : le nageur nage avec le poing fermé (il peut aussi faire l'exercice en tenant une balle de tennis );
- le crawl water polo est préconisé pour développer la prise d'appui et la traction (plutôt que la poussée).

Pour les plus avancés, le crawl sur place est intéressant (car il s'agit d'annihiler totalement l'appui des bras et c'est souvent en travaillant le contraire de l'effet recherché qu'on fait les bonnes prises de conscience en natation).
 

Attention tout de même, faire des éducatifs c'est bien mais pour autant qu'on les réalise parfaitement ; sinon, ils n'ont pas d'intérêt. Il faut donc pour chaque éducatif veiller à bien respecter le geste et les appuis recherchés.

Un autre exercice intéressant est de ne nager qu'avec une seule plaquette; cela oblige le nageur à générer le maximum d'appui et de poussée avec sa main sans plaquette. On peut pratiquer cet éducatif en y ajoutant une seule palme: on met une plaquette à la main gauche et une mini palme au pied droit. Cela oblige à mieux utiliser sa main droite en coordination avec son pied gauche. On alterne évidemment l'exercice.

Il n'est pas forcément utile de passer trop de temps sur chaque éducatif : quelques longueurs de chaque suffisent mais il faut les faire régulièrement.

Pour les moins costauds, un renforcement à sec des triceps sera bénéfique pour améliorer sa poussée (pompes, dips, élastiques de natation...). Il faut garder à l'esprit que l'allonge ne vient pas tant de la force de projection de l'eau derrière soi que de la souplesse et de l'amplitude des épaules. On lit souvent le conseil de pousser l'eau jusqu'à la cuisse; c'est un conseil utile en particulier si cela implique pour le nageur une plus grande avancée de l'épaule opposée (voir ma réponse de la semaine précédente sur l'importance de l'épaule en crawl). Car ce n'est pas tant la petite surface de la main en fin de mouvement qui fait la différence que l'amplitude du mouvement des épaules que cela implique.

Bonne nage !

PS; les vidéos des éducatifs sont tirées du site natationpourtous.com et du site guingamp-natation.com

mercredi 10 décembre 2014

FAQ : pourquoi garder le coude haut hors de l'eau?

Sur la proposition du groupe Facebook "Le triathlon pour nous les filles", j'inaugure une série normalement hebdomadaire de questions/réponses sur le crawl. J'en profite pour féliciter toutes les filles qui se mettent à ce formidable sport qu'est le triathlon.

Voici la première question :

Question de Mallory :

"Mon entraîneur natation me tâne parce que je ne lève pas suffisamment les coudes à son goût (sauf sur les 1ères longueurs parce que je me focalise dessus). Sachant que mon passage aérien se fait parfaitement hors de l'eau, je me pose la question de l’intérêt réel de lever les coudes le plus haut possible lors de cette phase, autre que celui de soit disant reposer l'épaule?"

Ma réponse :

Cela peut paraître bizarre mais il faut garder le coude haut principalement à cause de l'épaule. S'il y a bien une partie du corps essentielle en crawl, c'est bien l'épaule.

C'est elle qui est le centre du mouvement. Si vous gardez votre coude haut lors du retour aérien, il vous sera plus facile de garder votre épaule plus haute au dessus de l'eau: vous serez mieux profilée et vous aurez plus d'amplitude dans votre mouvement pour chaque coup de bras. Si votre coude reste au raz de l'eau, l'épaule sera peu dégagée de l'eau et son mouvement d'arrière vers l'avant sera moins ample. Donc concentrez-vous avant tout sur un mouvement ample de l'épaule et votre coude devrait naturellement rester suffisamment haut.

Une fois que la main a fini son trajet sous-marin vers l'arrière, l'épaule va se dégager de l'eau et effectuer un mouvement circulaire pour revenir le plus haut possible devant le nageur et s'enfoncer près du menton du nageur. Symétriquement, l'autre épaule va elle réaliser un mouvement ample vers l'arrière. C'est ainsi qu'à chaque coups de bras, le nageur gagnera des centimètres; c'est aussi comme cela que le nageur utilisera la force de ses muscles dorsaux pour générer plus de puissance.

Le coude n'est donc, en quelque sorte, que le haut de l'iceberg!

Pour illustrer cela, voici une photo tirée d'une vidéo de Ben Sanson déjà postée sur mon blog. On y voit bien la position recherchée de l'épaule et du coude hauts:


 Vous retrouverez évidemment dans le livre "Le Guide du Crawl Moderne" beaucoup plus de détails sur le rôle de l'épaule et du coude notamment.

Bonne nage !

mardi 28 octobre 2014

Vidéo de la semaine : Front Quadrant Swimming et recherche maximale d'amplitude par Nikita Konovalov

Comme je l'explique dans le livre "Le Guide du Crawl Moderne", il existe des oppositions flagrantes de style de crawl entre nageurs même sur une même distance. En voici un parfait exemple sur ce 1500m. 

Au milieu de l'écran, on peut voir le style de Nikita Konovalov, tout en recherche d'amplitude avec un style en Front Quadrant Swimming (FQS) extrêmement marqué (voir même exagéré). Il me rappelle le nageur australien Haydn Wolley. Beaucoup de roulis, une énorme recherche d'allonge et d'hydrodynamisme. Grâce à cela, il enchaîne le 50m en 13 cycles de bras (soit 26 coups de bras !) ce qui est assez remarquable, sur les bases de 1'09'' au 100m.

Dans les autres lignes du bassin, on peut voir comment les autres nageurs ont eu un style beaucoup plus en opposition avec beaucoup moins d'amplitude et beaucoup plus de fréquence de bras.




On remarque le style en Front Quadrant Swimming (FQS) très marqué: Konovalov est presque en rattrapé complet.

Bonne nage !

S. Séhel
Auteur "Le Guide du Crawl Moderne"

dimanche 26 octobre 2014

Au-delà de la natation, la Voie de l'O (Mizudō)


Comment conjuguer natation et des disciplines asiatiques aussi nobles et riches que le Zen ou le Kyudō ? Les articles publiés dans la rubrique "Kaizen" de ce blog étaient les prémisses de cette réflexion.

Pour aller plus avant, on pourrait concevoir une pratique spécifique de la natation que l'on pourrait appeler Mizudō du japonais, Mizu () qui signifie l’Eau et Dō () qui signifie la Voie.

Voici un texte du Maître Taïkan Jyoji qui décrit la "Voie" : 

"La notion de Voie est, pour les Occidentaux, difficile à saisir. Le mot Voie vient du mot japonais do qui vient lui-même du mot chinois tao, de la philosophie du Yin et du Yang. Dans le Zen, le mot “Voie” contient aussi le sens d’esprit ou cœur.

On l’écrit ordinairement avec un “V” majuscule car la Voie dans la tradition chinoise et japonaise mène à la réalisation de soi. Le mot “Do” qui figure dans la composition de chaque discipline spécifique s’écrit par un idéogramme composé en deux parties : l’une signifiant la tête ou le chef, c’est-à-dire la notion de principe originel, l’autre représentant un pied, un déplacement, un progrès.

Tout cela implique un déplacement dans le sens d’une origine. Pratiquer dans l’esprit de la Voie devrait amener à la plénitude.

Mais cela ne suffit pas de s’atteler simplement à la technique ou à faire attention seulement à son matériel. On n’apprend rien lorsqu’on fait attention seulement aux apparences. Dans le cas du Kyudō, un tir à l’arc qui vient de l’esprit et du cœur, autrement dit qui vient du fond d’un être, est l’expression d’une grande sincérité. Là on touche véritablement à la nature authentique qui sommeille en soi, qui veut s’épanouir. Le mot Do désigne également l’Eveil.

La Voie de l'Eau ou "Voie de l'O" est une pratique de la natation qui cherche donc à intégrer les principes et les valeurs du Yoga, du Qi-Gong, de la méditation Zen et de l'art martial Kyudō.



Concrètement, le Mizudō consiste, en nageant à :

 - S’inspirer du Yoga pour réaliser un travail conscient d'inspirations et d'expirations : par exemple, en crawl, il s’agira de respirer sur un rythme de 3 ou 4 temps en expirant tout au long de la phase sous-marine et en cherchant à avoir une expiration complète et profonde mobilisant les trois niveaux de respiration du yoga : la respiration abdominale (au niveau du ventre), la respiration costale (au niveau du thorax) et la respiration claviculaire ou respiration supérieure ; La respiration est l’élément de base ; elle doit provoquer un relâchement du mental, un lâcher-prise;

-  S’inspirer du Qi-Gong / Tai Chi en adoptant une gestuelle circulaire de manière ample et relâchée : en crawl, par exemple, le retour aérien du bras cherchera à reproduire le mouvement arrondi des mouvements de bras du qi-gong ; le geste doit être harmonieux et esthétique ; On peut s’inspirer du texte suivant qui explique l’utilisation des énergies en Qi-Gong : la « montée » et la « descente » peuvent inspirer le mouvement vers l’avant puis vers l’arrière du bras en crawl par exemple : la particularité étant qu’alors le côté du nageur est « Yang », l’autre devient « Yin »:

Monter : L'énergie Yin monte en nourrissant le corps. Ces mouvements dirigés vers le haut, sont destinés à faire monter notre énergie Yin (intériorité) en partant des pieds, selon le trajet des méridiens (situé sur les faces avant des jambes et du buste). Ils vont nous aider à développer notre énergie Yin et à apaiser les tensions.

Descendre : l'énergie Yang descend en réchauffant et en animant. Les mouvements dirigés vers le bas sont destinés à faire descendre l'énergie Yang (action), selon les méridiens situés sur les côtés et dans le dos. Ils permettent de détendre tout le haut du corps et en particulier le  cou (où réside bien des tensions) et à tonifier les jambes.

Entrer : l'énergie entre dans le corps pour le nourrir et l'informer. Les mouvements vont utiliser l'énergie Yang des méridiens, principalement situés sur les faces externes et postérieures des bras. Ils permettent de saisir une énergie extérieure et neuve pour gagner en vitalité.

Sortir : les énergies usées sont évacuées et purifient le corps (NDLA: c'est là que l'expiration longue et constante joue un rôle). Les mouvements pour évacuer l'énergie vont utiliser les trajets des méridiens des mains, des poumons et du coeur. Ils nous aident à détoxiner l'organisme et favorisent l'équilibre entre l'énergie Yin et Yang.

- S’inspirer du Zen pour totalement vider son esprit de toute pensée en écoutant le rythme de sa respiration, en cherchant à ressentir l’énergie au niveau de son abdomen autour du nombril et en cherchant à tout moment à garder une parfaite rectitude de la colonne vertébrale ; le nageur va ainsi chercher à tourner avec force son regard vers l’intérieur ; il peut se concentrer sur des sensations, tels que l'écoulement de l'eau sur son ventre ou juste son expiration, sans jamais chercher à figer ses pensées qui doivent traverser son esprit comme les nuages passent au travers l'azur. La concentration sur le souffle sera une aide pour justement garder son esprit vide.

- S’inspirer du Kyudō pour harmoniser sa respiration avec le mouvement propulsif des bras de manière instinctive : le nageur ne doit plus du tout penser à sa technique mais ne doit chercher qu’à faire un avec l’eau et à se déplacer aussi aisément que s’il était porté par le courant. Comme le disent les maîtres du Kyudō: Il s’agit de trouver la paix ultime, le silence intérieur et la maîtrise de soi. D’unir dans un juste équilibre le corps et l’esprit, lié par le souffle. Se fondre dans l’instant présent pour accéder à la réalité ultime et renaître. Tendre vers la justesse : d’agir et d’être. Ce qui fait dire que le but suprême du Kyudō est la Beauté. Non pas au sens occidental du terme ; cette beauté éphémère, plaquée sur les choses et sur les gens. Mais plutôt, d’une beauté immatérielle née – il est vrai, de l’esthétique de la silhouette, et aussi de l’alchimie d’une posture juste, tant intérieure qu’extérieure.

Ainsi, si le Kyudō est souvent désigné sous l’appellation « zen debout », le Mizudō serait alors plutôt une sorte de « zen allongé ».

Évidemment, cela nécessite une excellente maîtrise technique pour pouvoir évoluer de manière tout à fait détachée, sans avoir à se préoccuper des fondamentaux de la natation : c’est une approche qui va bien au-delà de la simple natation sportive. Il ne sera question ni d’amplitude, ni de vitesse, ni de nombre de coups de bras mais uniquement d’une nage harmonieuse, méditative et en accord avec l’élément liquide : une voie particulièrement enrichissante à poursuivre pour faire de tout ou partie de ses séances autre chose qu'un simple exercice physique.

S. Séhel
Auteur du "Guide du Crawl Moderne"

 


samedi 11 octobre 2014

mardi 23 septembre 2014

Bien se nourrir et au bon moment avant et après aller nager

S'entraîner en semaine oblige le plus souvent à nager soit tôt le matin, soit à l'heure du déjeuner, soit en fin de journée. Malheureusement, ce sont exactement les moments où l'estomac crie famine !

Pour améliorer le confort et le rendement de sa séance et de sa journée de travail, il est donc important d'arriver à trouver la bonne manière et le bon moment de se nourrir. 
Cela devient vite la quadrature du cercle et chaque nageur, à force, développe ses propres trucs qui fonctionnent plus ou moins bien.  
La natation a cela de particulier qu'elle est très consommatrice de calories et qu'elle se pratique dans une position horizontale (voire même parfois en culbutes), ce qui n'est pas idéal pour l'estomac. 
N'étant pas moi-même spécialiste des questions de nutrition, j'ai demandé les conseils du Dr. Fabrice Kuhn, spécialiste dans le domaine. Fabrice est médecin, triathlète et traileur et surtout co-auteur des livres "La nutrition de l'endurance" et "L'assiette de l'endurance - 101 recettes spécial performance".
 

Avec lui, j'ai pu évoquer les trois scénarios du nageur durant sa semaine de travail :

S: Fabrice, quels sont vos conseils de nutrition pour les nageurs dont l'entraînement est tôt le matin?


Dr. F.K. : le premier conseil est est surtout de ne pas trop boire le matin pour ne pas trop chargé l'estomac, pour cela mieux vaut être bien hydraté la veille
Concernant la prise d'aliments, le nageur a le choix suivant son confort personnel : soit ne rien manger avant d'aller nager (ce qui peut convenir en particulier si la séance n'est pas trop longue et pas trop intense), soit manger légèrement un mélange de protéines et de sucres lents (par exemple, du pain avec un peu de jambon). Il faut éviter de surcharger le ventre. La portion sera donc petite. Il faut éviter les aliments propices au reflux gastrique (jus d'orange par exemple).

Si la séance est intense, prendre une boisson énergétique durant la séance peut être utile. On peut utiliser un boisson de l'effort ou bien se préparer une boisson maison en mélangeant jus de raisin, eau et maltodextrine (recette du livre "assiette de l'endurance") ou encore plus simple 100 ml de jus de raisin pour 400 ml d'eau (recette correcte car isotonique mais pas idéale pour une compétition ou une grosse séance car trop peu riches en glucides). On peut boire tous les 1/4 h une gorgée ou 2. Le but étant l'apport en glucides et non l'hydratation.
Après la séance, vous prendrez votre petit déjeuner : si vous n'avez pas le temps de vous poser dans votre cuisine ou dans un café, vous pouvez prendre une banane (facile à transporter, calorique et alcalinisant) et une portion de gâteau-sport fait maison. Je propose dans mes livres des recettes pour de tels gâteaux). L'important est que la ration apporte à la fois des glucides mais aussi des protéines (oeufs) et aussi des fruits (fibres, vitamines, alcalinisants...). On recommande en général 50 g  de glucides ou bien 1 g de glucides/kg de poids de corps en 1h, sans oublier une eau pour se réhydrater, idéalement pétillante pour faire le plein de bicarbonates
S: Quels sont vos conseils de nutrition pour les séances à l'heure du déjeuner?

Dr. F.K.: Si la séance a lieu dans un créneau de moins de 4h après le petit déjeuner, il ne doit pas être nécessaire de manger avant, sauf si le petit déjeuner n'a pas été assez calorique. Il faut veiller à boire régulièrement durant la matinée, par petite quantité pour garder l'organisme bien hydraté. (NDLR: le café et le thé sont des diurétiques qui justement n'aident pas à garder le nageur bien hydraté). 
Si la séance est intense et longue, une boisson énergétique pourra être utile. 
Si la séance a lieu plus de 4h après le petit déjeuner, la solution idéale est de prendre un snack au moins 2 heures avant d'aller nager (par exemple des fruits secs, des noix, amandes, fruit frais...). Il faut éviter de manger moins de 2 heures avant sa séance, afin d'éviter la sensation de perte d'énergie souvent liée à la phase de digestion de l'organisme. Après la séance, le nageur devra faire le plein de calories ; l'idéal est d'avoir sur lui les aliments adéquates (banane ou autre fruit (frais ou sec), gâteau sport fait maison..) pour prendre suffisamment de sucres lents et de protéines.

La solution sandwich n'est pas idéale car ce sont souvent beaucoup de pain pour peu de légumes et peu de viande. Il est préférable d'avoir un repas facile à transporter (taboulé de quinoa au saumon fumé par exemple ou encore salade de patate douces froides avec jambon)
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S: Quels sont vos conseils de nutrition quand on nage en fin de journée?

Dr. F. K.: on peut appliquer à peu près les mêmes conseils que pour la séance du midi: si la séance a lieu dans un créneau de moins de 4h après le déjeuner, il ne doit pas être nécessaire de manger avant. Il faut veiller à bien s'hydrater pendant l'après-midi. Si la séance est intense et longue, une boisson énergétique pourra être utile. Si la séance a lieu plus de 4h après le déjeuner, la solution idéale est de prendre un goûter au moins 2 heures avant d'aller nager (par exemple des fruits secs, des noix, amandes, fruits frais ...).

L'hyperméabilité intestinale risque de provoquer un coup de barre après le repas. Cela arrive fréquemment en cas d'effort soutenu ; l'intestin ne peut plus bien fonctionner du fait de la redistribution sanguine liée à l'effort. Pour éviter ce phénomène, il est recommandé de boire un peu pendant l'effort une boisson glucidique type boisson de l'effort.

Merci Fabrice!
NDLA : en cas de scénario "catastrophe", où finalement la séance a lieu plus de 4h après le petit déjeuner ou le déjeuner et que vous n'avez pas pu ou penser manger plus de 2 heures avant, ma solution de secours est de manger un tout petit peu juste avant la séance pourra permettre de limiter les dégâts. Il n'est pas inutile d'avoir alors une barre énergétique sous la main: Overstims m'a permis d'en tester des sympas (avec une préférence pour la barre Bio banane/datte). Attention toutefois, en cas de barre énergétique bien sucrée ou du distributeur automatique de la piscine et ses barres "junk food", il faut la manger juste avant de rentrer dans l'eau - "oui, je sais, on ne peut pas manger dans les vestiaires!" Si vous laissez ne serait-ce qu'un quart d'heure entre l'ingestion de sucres rapides et l'effort, vous risquez de ressentir un vrai coup de barre au moment de nager. Si la prise de sucres est concomitante ou quasiment avec le début de l'effort, ce phénomène de coup de barre ne devrait pas avoir lieu. 


Pour beaucoup plus d'informations sur ce sujet et des recettes, je vous renvoie évidemment aux livres du Dr. Fabrice Kuhn.

jeudi 28 août 2014

Vidéo de la semaine: le record du monde stratosphérique sur 50m papillon féminin





En juillet dernier, la nageuse suédoise, Sarah Sjöström, a battu le record du monde du 50 mètres papillon : à noter sa performance unique qui a consisté à ne pas respirer une seule fois durant toute la course ! Les meilleurs hommes respirent une à deux fois sur une telle épreuve.

Elle place le record à 24.43s, soit pas loin d'une demi-seconde de moins que le précédent record datant de 2009 (25.07s).

Sa fréquence de bras est particulièrement impressionnante, même au ralenti.

Tout cela en fait un record absolument stratosphérique !

mercredi 30 juillet 2014

Analyse de nage amateur: étendre le bras le plus loin possible : oui, mais !


Voici la vidéo (au ralenti) d'un nageur relativement débutant en crawl qui se plaint de s’essouffler énormément à chaque longueur.  Je le remercie de m'avoir autorisé à utiliser ses images.

Son défaut le plus visible est l'entrée de la main dans l'eau. Alors que je lui donnais quelques conseils pour ne pas entrer sa main de la sorte, il semblait surpris disant qu'on lui avait justement dit d'étendre son bras le plus loin possible et que justement il s'appliquait à le faire. 

De cet échange, j'ai compris d'où venait cette gestuelle si particulière de l'extension du bras, qu'on peut observer chez énormément de nageurs dans nos piscines. L'explication est simple: la mauvaise compréhension de ce conseil: "étendre son bras le plus loin possible".



Vouloir étendre son bras le plus loin possible n'est pas mauvais en soi, loin de là et évidemment. Simplement, pour que cela soit efficace et pas contre-productif, il faut le faire sous l'eau et pas en l'air. Si on observe le geste du bras de ce nageur, on voit qu'il tend sa main devant lui de sorte que son épaule est dans l'eau, que son coude est déjà en train de toucher l'eau (flèche rouge) mais que surtout sa main est elle toujours bien hors de l'eau (flèche verte). Il pointe donc son bras (légèrement) vers le ciel. 



L'effet induit est immédiat: son bassin s'affaisse et ses jambes plongent. Il se retrouve dans une position non pas horizontale (mais avec une prise d'angle du corps entier par rapport à la surface) (voir illustration ci-dessous tirée du livre "Le Guide du Crawl Moderne").


Il est aisé de comprendre que toute la surface frontale du corps du nageur - de sa tête à ses pieds - vient alors s'opposer à son avancement rectiligne dans l'eau. Son corps agit comme un frein, comme une ancre !

La bonne manière d'étendre son bras loin devant soi est celle réalisée par le nageur ci-dessous:


- sa main pénètre dans l'eau, avant son coude, alors que le bras n'est pas totalement tendu,
- le coude rentre dans l'eau par le trou formée par la main,
- le bras s'étend ensuite sous l'eau (il n'est jamais étendu avant que la main ne rentre dans l'eau),
- le bras ne s'étend pas tout à fait parallèlement à la surface: le nageur veille à ce que sa main soit plus basse que son coude. Un bon nageur pourra étendre son bras presque parallèlement à l'eau. Le nageur moins aguerri qui a du mal à garder son bassin près de la surface aura plus intérêt à pointer, un peu plus, son bras vers le fond au moment de l'extension complète du bras. Cela l'aidera à faire remonter son bassin.

Sinon, le nageur sur la première vidéo à d'autres défauts très courants: on peut citer, par exemple:
- la tête qui sort trop pour inspirer,
- un battement de jambes qui sort trop du sillage pour très peu d'effet propulsif,
- une tendance à entrer sa main devant sa tête (surtout du bras droit) et à se désaxer à chaque coup de bras,
- l'entrée de la main par le pouce,

Voici quelques exemples illustrés:

La main devant la tête

L'entrée du coude avant l'entrée de la main, le bras trop tendu


Le désaxement du corps (par rapport à un axe rectiligne parallèle à la ligne de bouées): la flèche tracée en rouge passant par le bassin, la tête et la main n'est pas du tout parallèle à la ligne de


Il est fort probable qu'une fois maîtrisé la bonne manière d'entrée sa main et son bras dans l'eau, son crawl sera beaucoup plus simple et efficace.

Bonne nage !


jeudi 3 juillet 2014

Cabinet des curiosités: le "dauphin" et autres nages


La nage "Dauphin", vous connaissez ? Moi, non jusqu'à la découverte du site de Raymond-Louis Laquerre (http://www.swimmingspirit.com/).

Cet éducateur canadien dit avoir inventé cette nouvelle nage.

Cette nage se nage sur le dos: les bras effectuent de manière simultanée le même mouvement qu'en dos crawlé. Les jambes effectuent des ondulations comme en papillon (mais l'ondulation a lieu sur le dos bien entendu).

En fait, cela s'apparente à du papillon dorsal.

Intérêt: selon l'inventeur, une nage pour les longues distances (voire les situations de détresse), appropriée pour des conditions en eaux libres telles qu'un léger clapot.

Pour l'avoir testé, ce n'est pas désagréable: juste un petit souci du fait de l'anatomie de l'épaule qui rend plus difficile l'extension de l'épaule vers l'arrière ; en dos crawlé, on résout cette contrainte grâce au roulis mais en "dauphin", les deux bras faisant le mouvement ensemble ce n'est pas possible, ce qui tire un peu les épaules.

M. Laquerre se dit l'inventeur de quatre autres nages:
- l'anguille,
- le béluga,
- la torpille,
- la carpe.

Bonne "pêche" si ca vous dit de les essayer!

Plus d'infos sur son site...

dimanche 29 juin 2014

En test : le Freestyle Breather d'Arena



De quoi s'agit-il ?

Comme on peut le voir sur la photo, il s'agit de deux pièces indépendantes de plastique, très légères, de couleur rouge, qu'on fixe à ses lunettes de piscine.

Comment ca marche ? A quoi cela sert ?

J'ai testé ce produit sur un modèle premier prix de chez Go Sport ainsi que sur des Arena Swedix Mirror.

La première réaction est la simplicité de mise en place. Il est très simple et très facile à installer. Il suffit de l'emboîter autour de ses lunettes. Cela ne demande aucune fixation particulière et les enlever est aussi simple que les fixer. Vous pouvez ne l'installer que d'un côté si vous le souhaitez.

L'effet recherché par ce produit est la création d'une vague artificielle qui dégage l'eau de la bouche lors de l'inspiration. Cela aide le nageur à garder sa tête au raz-de-l'eau lorsqu'il inspire. Ainsi le nageur peut se familiariser avec une bonne position de tête. Le Freestyle Breather permet de totalement dégager la bouche de l'eau même à basse vitesse. A vitesse plus rapide, le bon nageur crée lui-même sa vague pour inspirer et donc le produit à moins d'intérêt.

On ressent bien l'effet recherché et le produit fonctionne très bien de ce point de vue.

Voici une vidéo qui montre son fonctionnement:




Des défauts ? 

Malheureusement, au bout de quelques mètres, les lunettes Go Sport ont pris l'eau du fait de l'accroche du produit.  Avec les Arena Swedix Mirror, je n'ai pas eu de problèmes d'étanchéité mais j'ai eu l'impression que le Freestyle Breather avait tendance à bouger (je n'ai pas eu ce problème avec les lunettes Go Sport). Le diamètre du produit est un peu trop large pour le porter avec des lunettes du type suédoise.

Les principaux défauts sont les soucis d'étanchéité et de positionnement sur les lunettes. Mais cela semble tout à fait variable suivant le modèle de lunettes utilisées.

L'esthétique n'est pas terrible; j'aurai plutôt opté pour une couleur transparente plus discrète que la couleur rouge. Mais si c'est un produit avant tout destiné à la pédagogie, la couleur est secondaire.

,


Je n'ai pas pu juger de la robustesse du produit (puisque je l'ai peu utilisé).

Combien ca coûte ? 

Le prix est raisonnable (autour de 10€ comme je l'ai compris). Aréna commercialise un kit complet (lunettes + Freestyle Breather) au prix de 30€.

A qui s'adresse ce produit ?

Ce produit s'adresse avant tout aux ados ou adultes lors de l'apprentissage du crawl. Sa taille ne doit pas permettre de l'utiliser par les enfants ; il faudrait, je pense, un modèle Junior spécialement adapté aux visages et aux lunettes d'enfants.

Conclusion

Le Freestyle Breather est un outil innovant, simple, économique et pédagogiquement intéressant avec toutefois un petit bémol sur sa fixation sur certains modèles de lunettes. 

Je n'ai pas essayé le kit complet d'Aréna (qui, je l'espère, résout les problèmes d'étanchéité et de positionnement que j'ai évoqués).

Bonne nage !

samedi 28 juin 2014

La vidéo de la semaine: formidable Ellie Simmonds !


Un hommage à ces nageurs et nageuses hors du commun avec la belle maîtrise technique d'Ellie Simmonds, championne paralympique du haut de ces 1m23 !

J'ai compté 34 cycles de bras sur ce dernier 50m (soit 68 coups de bras) : un modèle de fréquence, de maintien et d'efficacité dans l'eau et évidemment aussi un formidable exemple de foi en soi-même et en son sport !

Chapeau !


lundi 19 mai 2014

Vidéo de la semaine: le coude haut lors du trajet sous-marin



Voici une vidéo qui explique la position du coude haut et conseille deux éducatifs pour travailler cette position : le sculling (ou godille) et le crawl en rattrapé. La vidéo est en anglais mais les images parlent d'elles-mêmes.

Comme l'illustre cette vidéo, garder le coude haut ne veut pas dire forcément adopter une position extrême avec le coude. Il n'est pas nécessaire de complétement casser le coude (comme certains meilleurs nageurs mondiaux le font). 

L'important est avant tout de toujours garder la main plus basse que le coude, tout en gardant l'épaule haute et proche du bas du visage. Ainsi la surface d'appui et la direction de la force d'appui du bras sera optimisée.

(Attention: la nageuse, qui effectue l'éducatif du crawl rattrapé à la fin de la vidéo, oriente son bras avant, très horizontalement avec la surface (voire le pointe légèrement vers la surface). Comme je l'ai expliqué dans le livre, une telle position de bras n'est pas toujours optimale surtout pour le nageur encore hésitant car elle a pour conséquence directe d'enfoncer le bassin et de perdre en hydrodynamisme. Je vous renvoie donc aux explications du livre sur la bonne position d'allongement du bras pour le crawleur en apprentissage.)



(vidéo tirée du site australien http://effortlessswimming.com/)
lien Youtube : http://youtu.be/uDKYVjKZWoA

S'agissant de la surface d'appui lors du catch, la sensation idéale, lorsqu'on réalise bien le catch avec le coude haut, est de ressentir la pression de l'eau sur une zone qui va du bas de l'avant-bras au haut de la paume (j'ai surligné en rouge cette zone sur la photo ci-dessous). Ainsi, ce n'est pas simplement la main qui va prendre appui sur l'eau mais aussi l'avant-bras, grâce à cette position du coude haut lors du trajet sous-marin.


Bonne nage !

samedi 10 mai 2014

La vidéo de la semaine : le battement de jambes

Le battement de jambes reste le plus souvent "la croix et la bannière" pour énormément de nageurs. Je donne des conseils sur le battement dans le livre "Le Guide du Crawl Moderne": le bon geste, la bonne souplesse de la cheville...

Donc pour vous motiver un peu, je vous invite à regarder cette vidéo d'un 400m en 4'56'' (!) uniquement en battement bien sûr, réalisé par le nageur américain, Charles Houchin, champion olympique (2012) et champion du monde (2013) du relais 4x200m nage libre.


(Pour visionner la vidéo sur Youtube c'est ICI)

Voici ses temps de passage au 50m en battements:
34.23 – 37.40 – 38.09 – 37.14 – 36.87 – 37.57 – 37.87 – 37.68 = 4:56.88


Bonne nage !

PS: que ceux qui le font plus vite n'hésitent pas à m'envoyer leur vidéo bien sûr ! 

jeudi 1 mai 2014

La vidéo de la semaine : Sun Yang sens dessus dessous




(pour visionner la vidéo sur Youtube, c'est ICI)

Attention aux yeux ! Voici le champion Sun Yan, au ralenti, sans dessus dessous, lors de son record du monde sur 1500m.

Changer ainsi les répères visuels de l'observateur permet, je trouve, de mieux saisir la technicité de sa gestuelle, son roulis, son placement sur l'eau...

Bonne nage !

PS: pour une analyse plus complète de sa nage, je vous renvoie à un ancien post de ce blog.

lundi 21 avril 2014

La différence entre nager dans un bassin de 50m et un bassin de 25m



En quoi est-il plus intéressant de nager dans un bassin de 50m que dans un bassin de 25m ?

Pour répondre à cette question, il est intéressant de chercher à comparer le temps réellement nagé et non nagé (coulées et virages) d'un bassin à l'autre.

Des observations ont montré que, pour les crawleurs de haut niveau, une minute nagée dans un bassin de 25 yards (soit environ 23 mètres) se décompose réellement en 43 secondes nagées et 17 secondes consacrées à virer et à avancer en coulées. 

Dans un bassin de 50 mètres, durant une minute, un athlète nage lui 53 secondes et ne nage pas que 7 secondes.

On voit donc à quel point la différence de temps de repos est grande entre ces deux types de bassin.

Bonne nage !

Source : www.xtri.com

vendredi 18 avril 2014

La vidéo de la semaine: bien réaliser l'inspiration en crawl



On retrouve dans cette vidéo quelques règles d'or pour bien inspirer, phase cruciale dans un cycle de crawl :

- chercher au maximum à inspirer dans la vague, un bon tiers du visage restant sous la surface ; le truc est de s'appliquer à garder un oeil sous l'eau; à ce sujet, deux options : regarder légèrement en arrière (comme expliqué sur la vidéo) mais on peut aussi s'obliger à regarder un point situé sur le côté du bassin et sous la surface de l'eau (par exemple un autre nageur dans une autre ligne) ; ainsi on est vraiment obligé de garder un oeil sous la surface) ;

- ne pas redresser la tête;

- commencer à expirer sans attendre afin de bien vider ses poumons avant l'inspiration; le conseil qu'on lit parfois selon lequel il faudrait garder l'air le plus longtemps possible dans ses poumons pour avoir une meilleure flottaison n'est pas réellement utile. Il faut mieux commencer à expirer tôt, doucement par le nez, et forcer son expiration juste avant l'inspiration (voir les explications du livre sur le sujet pages 40 et suivantes);

- expirer si possible par le nez.

Bonne nage!

mercredi 9 avril 2014

La vidéo de la semaine : la position de l'épaule

Je continue ma série de vidéo de la semaine à titre d'illustrations au livre.

J'insiste beaucoup dans le livre sur un détail très important pour une bonne technique en crawl: la position sous-marine de l'épaule .

Sur cette vidéo, on voit très bien comment le nageur s'applique à toujours venir positionner son épaule près de son mention (et non pas, comme beaucoup trop de nageurs le font près de son oreille ou pas assez près de son visage).

Ce mouvement permet une meilleure pénétration dans l'eau, un meilleur placement de l'épaule pour le "catch" et un meilleur roulis. Attention, toutefois, à ne pas venir étendre votre bras devant votre tête à cause de cela, mais à toujours garder l'extension bien dans l'axe de l'épaule (voire même légèrement
à l'extérieur de cet axe).


Bonne nage !

jeudi 27 mars 2014

La vidéo de la semaine : Ben Sanson en FQS



La vidéo de la semaine rend hommage à l'un des meilleurs nageurs actuels sur le circuit Ironman: Benjamin Sanson ; la semaine dernière, il est sorti premier de l'eau sur l'Ironman de Melbourne en 45'23 (soit une moyenne de 5km/h). 

Sur cette vidéo (malheureusement de faible définition), on le voit nager très relax dans un bassin de nage, avec un style en Front Quadrant Swimming (ou semi-rattrapé) très prononcé.

C'est une bonne illustration de nombreux points fondamentaux évoqués dans le livre: en particulier, l'équilibre global du nageur qui passe d'une position horizontale stable et confortable d'un côté sur l'autre tout en restant bien profilé.


On pourra aussi remarquer la très bonne gestuelle de l'épaule aérienne qui va bien se dégager hors de l'eau pour revenir se placer sous l'eau près du menton.


De manière globale, on perçoit bien la nage très relâchée.

C'est une belle illustration que bien crawler demande peu d'effort dès lors que le nageur maîtrise sa position et ses appuis dans l'eau.

Attention : cette vidéo ne représente pas le style de nage que ce nageur utilise en compétition en eaux libres. Sur cette vidéo, il ne nage certainement pas à 5km/h mais sans doute plutôt autour de 4km/h (fréquence basse de bras d'environ 48 coups de bras par minute). Il insiste avant tout sur la recherche d'amplitude, le roulis et le relâchement. En compétition, il augmentera forcément sa fréquence de bras et modifiera son style en conséquence.

Bonne nage !  

vendredi 7 mars 2014

La vidéo de la semaine: comparaison de style lors de la finale du 1500m des JO d'Athènes


Sur cette courte vidéo apparaissent dans l'ordre:
- Larsen Jensen (USA): argent sur cette course;
- David Davies (UK) : bronze sur cette course;
- Grant Hackett (AUS) : or sur cette course.

On peut observer la différence de style de David Davies par rapport aux deux autres nageurs.

Davies nage avec un style en opposition et une très haute cadence de bras ; on le remarque en particulier en le comparant à Hackett à ses côtés sur la fin de la vidéo. Le style de Davies est très proche du style de Laure Manaudou par exemple.

Les deux autres nageurs appliquent des principes inverses (style en FQS) et la différence de nombre de coups de bras par longueur est très conséquente entre Davies et les autres nageurs.

Un très bel exemple de différences de style au plus haut niveau !

Bonne nage !

vendredi 21 février 2014

La vidéo de la semaine : les trois styles de crawl


Voici en illustration au livre (chapitres 17 à 22) une vidéo reprenant les trois styles de crawl :
- hip driven (ou FQS),
- shoulder driven (ou en opposition)
- body driven (ou bras tendus).



Bonne nage !

mardi 11 février 2014

En profondeur : la difficulté du style de bras en projection

Ce billet s'adresse tout particulièrement aux triathlètes et nageurs d'eaux libres. Un certain nombre d'entre eux utilisent une technique de bras que je qualifie de style en projection. Cela consiste non pas tellement à ramener le bras aérien de manière relâché avec le coude plié mais plutôt avec le bras presque tendu et en lançant le bras vers l'extérieur puis l'avant afin de lui donner une réelle inertie (voir notamment les chapitres 33 et 51 du livre).

Ce style de bras a certains avantages et on le voit très souvent utilisé en compétition en eaux libres. Maintenant pourquoi n'est-il pas conseillé aux débutants ou aux nageurs moyens ?

Pour comprendre le problème, il suffit de comparer ses deux vidéos: l'une montre un triathlète au niveau moyen et l'autre celle d'un très bon nageur et coach australien, Brenton Ford, nageant un 400m en 4'15'' environ. 

On peut observer que tous les deux utilisent dans une large mesure ce style de bras en projection et n'adoptent pas un retour aérien du bras relâché, coude fléchi. C'est, par exemple, particulièrement vrai du bras droit de Brenton qui revient très près de la surface. A partir d'une certaine fréquence de bras ou aussi souvent dans certaines conditions de plans d'eau, ce geste devient particulièrement naturel et efficace pour le bon nageur.

Vidéo de Brenton Ford (400m en 4'15'' - tempo trainer : 82)


Vidéo du triathlète amateur


Toutefois, une différence énorme saute aux yeux : en dépit de ce mouvement de bras, le très bon nageur arrive à rester parfaitement en ligne avec tout son corps (tronc, bassin et jambe); le fait de lancer ainsi son bras vers l'extérieur et l'avant ne déséquilibre pas du tout le reste de son corps: il reste parfaitement profilé dans le plan horizontal (son bassin et ses jambes ne partent pas de droite à gauche) et dans le plan vertical (bien qu'on n'ait pas une vue sous-marine, on perçoit bien qu'il reste bien horizontal sur l'eau).

En revanche, le triathlète amateur, lui, nage en godillant avec son corps: le fait de lancer ainsi le bras vers l'extérieur le désaxe à chaque mouvement de bras et le fait entrer sa main droit devant sa tête: la ligne du profil de son corps (du haut de sa main à ses pieds) en vient à dessiner un arc-de-cercle.


 
Ce manque de "rectitude" est extrêmement dommageable pour au moins deux raisons:

- le nageur perd en hydrodynamisme car il augmente sa surface frontale d'avancement ;

- il perd également en énergie (pour ceux qui font du vélo, vous percevez bien la différence entre pédaler sur un cadre mou qui, en se tordant à chaque coup de pédale, va gaspiller une grande partie de votre force et un cadre hyper-rigide qui lui, au contraire, permet un excellent transfert de la force de la pédale vers le pédalier et la roue ; ce n'est pas pour rien que les cadres de vélo de compétition sont particulièrement rigides). C'est la même chose en natation : plus le nageur est désuni, moins efficient il sera dans l'eau.
Pour être efficace, un style en projection doit être obligatoirement lié à un excellent gainage et un très bon équilibre dans l'eau. Si le nageur n'est pas capable d'avoir de tels caractéristiques, il doit sans doute chercher à minimiser tous les mouvements de son corps (bras compris) qui justement tendront à le déséquilibrer et le faire sortir d'une trajectoire rectiligne. Sur l'importance de cette droite, lire par exemple le chapitre 58 du livre).

Bonne nage !

vendredi 7 février 2014

Des questions de débutants

La sympathique communauté "Le triathlon pour nous les filles" m'interpelle sur les questions suivantes :

1) Quelle progression suivez-vous pour initier un nageur à la technique du crawl?

La question est vaste. J'ai même écrit le livre justement sur ce sujet. Donc il serait illusoire de vouloir répondre à cette question sur le blog. Maintenant, je pense que l'une des clés de l’initiation au crawl est de bien comprendre qu'il ne s'agit pas d'une nage ventrale mais d'une nage consistant à alterner une position confortable allongée sur un côté puis sur l'autre. Des nageurs restent bloqués de longues années à chercher leur équilibre à nager sur le ventre. Or, en phase d'apprentissage surtout, on doit plutôt chercher cet équilibre en se positionnant légèrement sur le flanc. Trouver cette position d'équilibre sur le côté est définitivement l'une des fondations du crawl et sans fondation, on ne construit rien de bon, n'est-ce pas ?

2) Quel est l'intérêt pédagogique de la nage hybride: jambes brasse/ bras crawl et inversement ?

A mon avis, je n'en vois pas l'intérêt mais peut être que certaines méthodes d'apprentissage le recommandent. Le nageur a tout intérêt à s'habituer le plus possible à la position allongée. Si le nageur cherche un mouvement de jambes différent du battement, il aura plutôt intérêt à faire des ondulations qui sont beaucoup plus compatibles avec le crawl (bien que c'est vrai, l'ondulation n'est pas un geste toujours facile à maîtriser aux premiers abords).  Pour ceux qui ont de vrais problèmes avec leurs jambes lors de l'apprentissage du crawl, je conseillerai vivement de porter des palmes courtes (surtout pas longues). Ca devrait les aider à trouver un meilleur équilibre.

3) Quel exercice donner pour que l'apprenant réussisse à respirer sur le côté et non devant?

Pour débuter, l'un des meilleurs exercices que je conseille dans le livre (et je ne suis pas le seul) est de faire des longueurs en battement, un bras allongé devant soi, l'autre allongé sur son flanc (si besoin avec des palmes courtes (zoomers en anglais)) et d'alterner la nage d'un côté sur l'autre, avec la tête regardant le fond du bassin. Ensuite, sortir la tête pour inspirer en synchronisation avec l'épaule. Cela permet au nageur de se familiariser avec le fait qu'il lui suffit de tourner la tête pour inspirer et qu'il n'est pas nécessaire de lever la tête.


 (Dessin d'Elise Gilles pour le livre "Le Guide du Crawl Moderne")

PS: Baladez-vous dans le blog avec la fonction recherche par mot clé (colonne de droite) et vous trouverez beaucoup d'autres conseils.

Bonne nage !

mardi 4 février 2014

La vidéo de la semaine : équilibre et confort dans l'eau

J'inaugure une nouvelle rubrique que, j'essaierai de rendre hebdomadaire. Elle sera consacrée à des  vidéos dont l'utilité viendra en support du livre.

Voici donc la première qui déroule clairement un cheminement possible pour plus d'équilibre et de confort dans l'eau et qui illustre des idées figurant dans les premiers chapitres du livre.

Bonne nage !





samedi 25 janvier 2014

En profondeur: la comparaison de la position de l'épaule



Voici deux photos qui montrent deux positions tout à fait différentes de placement de l'épaule:
  • sur la photo du haut, l'épaule est placée au niveau de l'oreille: elle recouvre l'oreille ; le nageur se trouve relativement à plat; l'épaule n'est pas très avancée;

  • sur la photo du bas, l'épaule est placée beaucoup plus bas et plus avancée: l'oreille n'est pas masquée par le bras ; l'épaule est contre le menton.
(NB: Les deux nageurs ne sont pas exactement au même moment de leur cycle de nage, ce qui explique aussi la différence de positionnement de l'épaule. Mes commentaires seront un peu injustes pour le nageur du haut qui n'a sans doute pas totalement fini son mouvement d'avancée de l'épaule au moment de la photo; néammoins dans un but pédagogique, la comparaison de ces deux photos est intéressante).
D'un point de vue hydrodynamique, les deux nageurs ferment l'espace entre la tête et l'épaule avant, ce qui est évidemment positif; en revanche, l'épaule basse sur la photo du bas est beaucoup plus intéressante d'un point de vue hydrodynamique car elle réduit encore plus la surface frontale. 

De plus, sur la photo du haut, l'espace entre la tête et l'épaule arrière est important alors que sur la photo du bas, cet espace est beaucoup plus restreint du fait de la bonne position de l'épaule avant. On perçoit que le fait d'avancer ainsi l'épaule fait que l'épaule arrière est plus derrière dans le profil du corps, alors que sur la photo du haut on voit que l'épaule gauche offre une plus grande résistance à l'eau. 

L'épaule avant sur la photo du bas est aussi en meilleure position pour faciliter l'amplitude de la nage car elle va permettre au nageur d'appuyer plus loin devant.

De plus, d'un point de vue de l'équilibre horizontal, le fait de placer l'épaule plus bas va faciliter une position du bassin plus haute. On dit parfois que les bons nageurs crawlent "en descente" (swimming downhill): c'est à dire qu'ils cherchent à créer un léger déséquilibre du corps vers le fond avec le haut du corps pour ainsi bien laisser le bassin et les jambes dans la traînée du corps, en se collant à la surface. 

On voit bien sur la photo du bas comment le bassin, les jambes et les pieds sont invisibles car parfaitement placés dans la traînée du nageur.

Conclusion: l'épaule avant positionnée au plus près du bas du visage va permettre:
  • une meilleure horizontalité du nageur (en aidant le placement du bassin, des jambes et des pieds dans la traînée);
  • une réduction de la surface frontale du nageur (meilleur hydrodynamisme);
  • une plus grande amplitude dans le cycle de bras.
Bonne nage !

vendredi 17 janvier 2014

Test : Finis Agility taille Large

J'ai déjà parlé sur ce blog des plaquettes Finis Agility. A l'époque, elles n'existaient qu'en une seule taille. Depuis, Finis a sorti le même modèle de plaquettes mais en deux autres tailles: Small et Large:


Je voulais vous faire part de tout le bien que je pense que cette plaquette dans sa taille Large (facile à reconnaître avec ses trois petits points noirs) (voir photo) :


 La plaquette dans sa taille médium était légèrement plus large que la main d'un nageur (voir photo)


Cette nouvelle taille Large est largement plus large, comme on peut le voir sur la photo:



Je rappelle que la particularité de cette plaquette est d'avoir une forme hydrodynamique et une absence totale d'élastique pour la maintenir : la tenue se fait juste grâce un simple trou où l'on glisse le pouce. Cela donne, je trouve, un très grand degré de confort et de liberté avec cette plaquette.

J'avais trouvé que cette plaquette en taille médium était autant un outil de renforcement musculaire qu'un outil pour travailler sa technique et était particulièrement adapté à un geste sous-marin en "I" ou un style FQS.

La plaquette dans sa taille Large va exactement dans le même sens sauf que, grâce à sa plus grande surface, l'aspect renforcement musculaire est beaucoup plus important. 

Pour autant, elle ne demande pas une très grande force pour être maniée en crawl: pour vous donner une idée, je pense qu'elle correspond tout à fait aux plaquettes Tyr Catalyst couleur Rouge donc plutôt une taille médium/large en plaquettes mais certainement pas une taille Extra Large (bleu ou noir en Catalyst).

Par rapport à la taille M, cette plaquette en taille Large est moins versatile: elle m'a paru beaucoup plus facile à manier en crawl que dans les autres nages. Elle est aussi intéressante pour des éducatifs de godille (sculling in English) avec les mains.

En conclusion, c'est un produit très intéressant, très agréable à nager et qui procurera plus de renforcement musculaire en crawl que sa petite soeur mais qui sera moins versatile pour une pratique en brasse, pap ou dos.

Bilan:

points positifs:
- forme très bien étudiée,
- excellentes sensations en crawl,
- bonne surface pour le renforcement musculaire (un vrai plus par rapport à la taille M),
- facilité de prise en mains et d'utilisation,
- un excellent complément à des plaquettes plus adaptés au crawl en opposition (type TYR CATALYST),
- parfaite pour la gestuelle du crawl FQS.


points négatifs:
- un peu large pour une utilisation aisée en brasse, pap ou dos (à moins d'être assez costaud),
- plutôt typé crawl FQS (qualité ou défaut ? à vous de choisir...).

Bonne nage !