mardi 8 novembre 2011

Test: les "anti-plaquettes" PT PADDLES



Vous connaissez l'antimatière ? FINIS commercialise des "anti-plaquettes"!


1) Description:

Les PT PADDLES sont des plaquettes d'un genre original conçues donc par FINIS (disponibles sur internet notamment, prix autour de 30 euros).

D'aspect, il s'agit de deux gros galets en plastique noire avec un élastique orange. La particularité consiste en leur forme: une face presque plane sur laquelle se pose la paume de la main et l'autre côté qui lui est de forme arrondie. Leur poids n'est pas signicatif: malgré leur aspect volumineux, il ne s'agit pas d'accessoires de musculation.

2) Vocation et utilité:

L'effet des PT PADDLES se rapproche beaucoup de l'éducatif "poings fermés" (c'est à dire pour les béotiens nager tout simplement avec les poings fermés). C'est d'ailleurs l'effet recherché par la face arrondie qui fait que l'eau contourne l'objet sans donner d'appuis au nageur. La main glisse sur l'eau.  

samedi 29 octobre 2011

Le pull-buoy hybride: les "Rangs" de Finis


Aujourd'hui, en test, les "Rangs" de Finis.

La société américaine Finis a été créée en 1993 en Californie notamment par Pablo Morales, célèbre médaillé olympique. Elle s'est faite une réputation dans la conception et l'invention de produits très techniques pour la natation.

1) Description:

Il s'agit de deux pièces de néoprène qui s'enroulent autour des cuisses. Chacune contient sur le tiers de sa longueur une partie plus épaisse qui fait qu'elles augmentent très sensiblement la flottaison des jambes du nageur. Elles se fixent par une sorte de velcro qui permet un ajustement précis autour de la cuisse. La finition est de bonne qualité.

Elles sont de couleur noire avec l'inscription "Finis - Rangs". Il existe deux modèles: le Sr (Senior) et le Jr (Junior). Le premier est d'une taille s'adaptant aux adultes (c'est le modèle que j'ai testé); l'autre modèle est plus fait pour les enfants. Certains entraîneurs utilisent le modèle Jr autour des bras du nageur (ex: The Race Club).

2) Vocation et utilité:

Elles ont une vocation similaire à celle d'un pull-buoy. Une fois fixées autour des cuisses, elles aident le nageur à garder les cuisses et les jambes très près de la surface à la manière d'un pull-buoy. Elles permettent toutefois une plus grande mobilité des jambes et sont donc compatibles avec un battement de jambes, ce qui les différencient en cela d'un pull-buoy. Elles fonctionnent aussi sans devoir battre des jambes. D'autre part, elles ne limitent pas le roulis du nageur comme a tendance à le faire un pull-buoy.

3) Retour d'expérience:

Pour les avoir essayer, je dois dire qu'elles remplissent bien leur mission. L'effet de portée est proche de celui du pull-buoy mais la sensation est avant tout d'avoir un bas de combinaison très épais autour des cuisses (elles tiennent même chaud). On retrouve les sensations d'une combi autour des jambes de manière accentuée car le coefficient de flottaison est bien supérieure à celui d'une combi.

Cela en fait certainement un produit intéressant pour les triathlètes qui aiment enchaîner les longueurs en pull-buoy et qui retrouveront la sensation de combinaison en néoprène.

Il n'y a pas de problème pour battre des jambes ou pour bien effectuer le roulis.

Dans un sac de natation, elles sont moins volumineuses qu'un pull-buoy. Après les avoir utilisées, il faut les sécher car le néoprène a tendance à retenir l'eau.

On peut tout à fait les utiliser en papillon ; elles ont alors tendance à maintenir les cuisses plus horizontales par rapport à l'eau. Cela rend l'effort moindre tout en limitant un peu l'ondulation. C'est très agréable pour nager un papillon cool.

En crawl, j'ai eu l'impression qu'elles augmentaient très sensiblement les frottements sur l'eau et elles agissent donc dans une certaine mesure comme un frein; c'est très sensible lorsqu'on accélère. L'effet frein demande donc au nageur plus de puissance, ce qui peut permettre un travail spécifique de développement de la force.

Petit hic: je ne sais pas si c'est du à la forme de mes cuisses mais elles ont tendance à glisser (notamment aux virages) après quelques centaines de mètres. La surface intérieure pourrait être plus antidérapante pour éviter d'avoir à les resserrer ou replacer trop régulièrement. Cela dit, un pull-buoy lui aussi glisse et doit être repositionné de temps en temps parfois. On peut bien sûr les serrer plus fort mais il ne faut pas non plus trop comprimer les jambes.

Conclusion:

Un produit innovant qui constitue une bonne alternative au pull-buoy en permettant un meilleur travail technique, ainsi qu'un travail en puissance, avec juste un petit bémol concernant le maintien autour des cuisses sur plusieurs longueurs d'affilée.

Le prix : entre 18 et 25 euros (disponible sur internet notamment).




Bonne nage!


PS: les produits Finis sont disponibles par internet et sont notamment distribués en France par PMR.FR



jeudi 20 octobre 2011

Crawl: trouver son point G


Quand on se ballade sur les forums de discussion de natation, on tombe souvent sur la question habituelle: "...mais je ne comprends pas pourquoi je m’essouffle après 50m en crawl ?"

La réponse peut être simple: "vous n'avez sans doute pas encore trouvé votre point G !" (d'ou le titre racoleur de ce post).

(Au risque d'en décevoir certaines (et peut être aussi certains), par "G", je ne fais pas référence à la découverte d'Ernest Gräfenberg (d'ou le "G"), bien que mine de rien, ce "G" dont je parle peut certainement être une source de grande "satisfaction"...aquatique bien sûr ! )



vendredi 30 septembre 2011

En profondeur : stay connected !




Voici une série de vidéos (merci Fabien!) qui montre la manière dont il est intéressant de laisser les épaules "connectées" (en crawl en opposition ou "shoulder driven" ou encore "kayak style"). De ce principe découlent quelques exercices que l'on retrouve dans pas mal de vidéos US, à savoir la boxe comme travail de renforcement musculaire hors bassin. Voici donc la série de vidéos tirées du site du Club Wolverine.



Shoulder Driven Drill- Head up Freestyle:




Shoulder Driven Freestyle with Style Sticks:

Cela peut paraître un peu ésotérique de nager de la sorte mais cela découle d'un principe simple: c'est l'utilisation du corps entier pour générer la puissance de l'appui sous-marin. Pour comprendre cette idée, on peut décomposer la visualisation du cycle de nage de la manière schématique suivante:

- tout d'abord, le nageur allonge son bras sous-marin devant lui et ancre sa main et son avant-bras dans l'eau (le fameux "catch");

- quand il veut ramener sa main et son bras sous-marin vers l'arrière, il a grossièrement deux options: soit utiliser les muscles de son épaule (et donc plier l'articulation de l'épaule pour cela), soit utiliser tout le côté opposé de son corps et pour cela ne pas réellement plier l'articulation de l'épaule. Pour que cette seconde option fonctionne, il faut que les épaules restent solidaires.

Exactement comme un boxeur qui va mettre un crochet à son adversaire en tournant son torse sur un axe vertical : l'épaule reste fixe et la puissance vient de la rotation du tronc. Ainsi, pour l'exemple de la natation, le simple fait après avoir ancré sa main et son avant-bras dans l'eau, d'avancer l'épaule opposée vers l'eau (grâce à un roulis des épaules solidaires) va naturellement faire que la main sous marine va appuyer sur l'eau. Si l'ensemble épaules-torse n'est plus solidaire, cela ne fonctionne pas d'où les exercices que l'on voit faire sur ces vidéos.

Cette idée est d'ailleurs aussi explicitée (mais sous une autre forme) par le fondateur de la méthode POSE qui s'est aussi intéressé à la natation: pour lui, c'est la main qui reste fixe et le reste du corps qui génère le mouvement et non l'inverse et la force vient du transfert de poids lié au roulis en plus de la force musculaire du nageur. 

Cette manière de réaliser le mouvement est aussi une approche intéressante pour soulager l'articulation de l'épaule. Bien souvent, les blessures de l'épaule viennent d'une sur-sollicitation des muscles de l'épaule. Le fait "d'immobiliser" ainsi l'épaule va soulager l'articulation.

Si vous vous concentrez sur la génération de la force du côté opposé du bras sous-marin, vous serez probablement étonnés de la puissance que vous ressentirez en retour sur le bras sous-marin.

Bonne nage !





lundi 26 septembre 2011

Trucs et astuces: la bascule du bassin



On savait qu'il avait la réputation d'avoir de la chance mais de là à passer de l'expression "avoir du cul" du sens figuré au sens propre !! C'est pourtant ce qu'un ancien champion cycliste bien connu réalise lors qu'il veut nager vite. La preuve en images (20 cycles au 25m / ; fréquence environ 85 coups de bras/minute) :

vitesse réelle:


vitesse ralentie:







Vous remarquez sur les clichés comment il a tendance à remonter ses fesses à la surface au moment où il étend son bras droit : il augmente la bascule déjà évoquée sur ce blog: il fait cela car:
- son battement de jambes étant très réduit, cela lui permet tout de même de bien garder le bassin et les jambes dans le sillage de son corps et le plus près possible de la surface de l'eau ;
- cela augmente son inertie vers l'avant ;
- il gagne ainsi en amplitude.

Si son battement était plus constant, il pourrait à cet instant avoir un gain similaire (voir supérieur) en utilisant les jambes et en marquant moins ce mouvement de bascule. 

Pas très esthétique, c'est un truc pour les nageurs en mal de bonnes jambes. Ça demande sans doute une bonne ceinture abdominale et cela il n'en manque pas (voir photo) ! 


Bonne nage !

PS: pour ceux qui ne connaissent pas les Kettlebells, ça vaut aussi la peine d'essayer.





lundi 19 septembre 2011

Jouer au chat et à la souris



Voilà un petit truc très simple pour s'aider à réduire le temps mort lorsqu'on nage en FQS (ou catch-up style ou semi-rattrapé): penser au chat et à la souris !

La main aérienne est le chat et la main étendue devant soi est le souris; au moment où le chat revient vers la souris (cad quand la main aérienne a passé l'épaule), la souris file (vers l'arrière bien sûr) pour ne pas se faire rattraper.

Cette idée simple est de Dean Kent, nageur olympique (2000, 2004, 2008) néo-zélandais et aujourd'hui entraîneur, qui l'explique dans la courte vidéo suivante: http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=DoNhT3y0Nv0.



Bonne nage !




mercredi 14 septembre 2011

Airstroke freestyle



Ceux qui s'intéressent au stretching connaissent peut être Bob Cooley qui est l'apôtre du Résistance Stretching (pour ceux que cela intéresse, en voici une rapide explication sur le lien suivant : voir aussi la vidéo de Dara Torres sur les liens vidéos de ce blog). 

Bob Cooley a aidé la nageuse Dara Torres lors de son come-back à 41 ans. Je ne sais pas si c'est à cette occasion qu'il s'est intéressé à la natation mais il prétend avoir inventé (?) un nouvel style de crawl: il l'appelle "Airstroke freestyle".

Voici une vidéo qui montre cette technique. Le principe est simple à première vue : nager la tête totalement hors de l'eau.

vidéo vitesse réelle



vidéo ralentie



Sans vouloir polémiquer sur le fait que ce style ressemble bigrement à du crawl water-polo, style connu depuis la nuit des temps (ou presque), il est intéressant de remarquer que:

- le nageur donne l'impression de "nager sur la vague" (ce "Graal" recherché par tant de techniciens en sprint). Au contraire des nageurs à côté de lui qui rentrent dans la vague d'avancement qu'ils forment, le fait de nager si haut sur l'eau donne l'impression que le nageur glisse sur la vague, un peu à la manière d'un bodyboarder toute proportion gardée; en fait, ce n'est pas uniquement la tête qui est redressée mais tout le tronc du nageur qui cherche à se sortir de l'eau ;

- le fait de nager si "haut" (si cela ne s'accompagne pas d'un affaissement des jambes) a certainement une influence sur la réduction des frottements. Voici un lien vers une petite vidéo qui illustre cette idée : l'utilisation de deux planches de bois rend la démonstration un peu caricaturale (comme la dégaine de l'entraîneur, Clayton Evans (tout de même médaillé olympique 4x100m 4 nages de l'équipe du Canada au JO 1976 à Montréal) d'ailleurs);

- évidemment, en contrepartie, l'amplitude des cycles de nage est plus réduite;


- il faut un très fort battement de jambes pour s'élever sur l'eau et surtout éviter que les jambes ne traînent comme c'est naturellement le cas lorsqu'on relève la tête.

Bonne nage!


vendredi 9 septembre 2011

Le crawl sur le bout des doigts




Gary Hall Sr. a récemment posté sur son site une vidéo au sujet de l'écartement des doigts en crawl. Sa conclusion est qu'un bon nageur se remarque (entre autres choses) à ce qu'il garde les doigts légèrement écartés sous l'eau. Selon lui, les bons nageurs ont cette faculté de bien sentir leurs appuis sur l'eau et le fait d'écarter très légèrement les doigts permet d'avoir une surface d'appui légèrement plus importante sur l'eau que nager les doigts serrés; en effet, si l'intervalle est optimum entre chaque doigt, il se crée alors une légère zone de turbulences qui constitue une surface d'appui supplémentaire pour le nageur.

Voici le lien vers la vidéo en question de Gary Hall Sr. (en anglais).

J'ai trouvé intéressant de vérifier les propos de Gary Hall Sr. en cherchant à observer dans les vidéos de certains des meilleurs nageurs la position de leurs doigts sous l'eau: leurs doigts sont-ils serrés ? écartés ?

Voici donc quelques exemples:

Grant Hackett


Ian Thorpe


Nystrand


Nageur entraîné par Gary Hall Sr.






Yannick Agnel



Nageur pro non identifié


Bill Kirby



Camille Muffat



En regardant ces clichés pris à différents moments du cycle de nage, on peut constater :

- tous les nageurs ont les doigts largement écartés durant la phase d'allongement de la main vers l'avant (pas de recherche d'appui à cet instant);
- au moment du catch (début de l'appui sur l'eau), la plupart des nageurs continuent d'avoir les doigts écartés mais ont tendance à les resserrer;
- durant la phase d'appui sur l'eau, le resserrement des doigts est variable: certains nageurs ont plusieurs doigts serrés mais pas tous; d'autres ont encore les doigts légèrement écartés ; la différence peut s'expliquer par les différences de sensations des nageurs et peut être aussi par la différence de prise d'angle de la main sur l'eau;
- à la fin de la phase d'appui, les nageurs ont de nouveau les doigts plus écartés ;
- quasiment aucun nageur n'a le pouce collé à la main à aucun moment durant la phase sous-marine de la main (sauf peut être Camille Muffat).

Ces exemples confirment donc au moins partiellement les propos de Gary Hall Sr. ; ils montrent aussi que quand on parle d'écartement des doigts durant la phase d'appui, cet écartement reste très faible.


Cela montre aussi que chaque nageur a une position spécifique des doigts et la modifie tout au long du mouvement sous-marin suivant ses sensations et ses appuis.

Bonne nage !







jeudi 1 septembre 2011

Tuer le temps (mort) en crawl !




L'un des écueils en crawl est d'avoir des temps morts dans son cycle de nage. Il faut entendre par temps mort un instant (plus ou moins long) durant lequel le nageur n'exerce plus d'appui propulsif sur l'eau. Ce défaut d'appui - même très court - va résulter en une décélération du nageur. Cela l'obligera alors à ré-accélérer pour retrouver sa vitesse, d'où une dépense d'énergie plus importante que si le nageur maintient sa vitesse et son inertie. 

Voici un exemple visuel très parlant d'un tel temps mort. Ces images sont extraites de la vidéo d'un nageur amateur dont j'ai déjà analysé la nage sur ce blog. On peut ainsi constater sur les deux clichés qui suivent que le nageur n'effectue aucun appui propulsif durant près de 2/3 de seconde durant le cycle de son bras droit sous l'eau: 

1ère photo au chrono à zéro : il finit sa propulsion avec la main gauche. 


2ème photo:  chrono à 0,65 seconde; il commence seulement son appui de la main droite.


On peut arguer du fait qu'il nage en crawl semi-rattrapé (ou FQS ou catch-up style) mais c'est faux de croire que le style FQS oblige forcément à un temps mort contreproductif.

Ce point est d'ailleurs parfaitement démontré dans la série de clichés mise sur le blog du site www.swimsmooth.com concernant le recordman du monde Sun Yang du 1500m nage libre.

Ces clichés montrent qu'en dépit d'un style en FQS, ce nageur a un temps mort très réduit dans sa nage (à peine plus d'un dixième de seconde):


Bonne nage !

mardi 2 août 2011

Sun Yang : le "Class America" Chinois...made in Australia




Le nageur chinois, Sun Yang, a battu à Shanghai le record du monde du 1500m que détenait Grant Hackett depuis 10 ans (Fukuoka, juillet 2001). Ce nouveau record a fait sensation: 14' 34" 56 !

L'homme derrière ces deux nageurs est l'entraîneur australien Denis Cotterell, qui après avoir coaché Hackett s'occupe maintenant des nageurs chinois dont Sun Yang.

Ce n'est donc pas étonnant que Sun Yang ait adopté un style de nage très australien: un style très comparable à celui d'Hackett (voire carrément la copie conforme) ou même de Ian Thorpe.

jeudi 28 juillet 2011

En honneur aux dossistes







Une fois n'est pas coutume sur ce blog, en honneur à nos deux co-médaillés d'or, voici une vidéo du japonais Ryosuke Irie (1m77 (seulement!) et arrivé troisième d'ailleurs sur le 100m dos à Shanghai) et de Ryan Lochte (recordman du Monde à Shanghai sur 200m 4 nages), dans une de leurs démonstrations de la technique du dos crawlé.






Certains disent que le dos crawlé est en fait du crawl retourné. Il y a du vrai surtout quand on observe la position du corps juste avant le retour du bras sous-marin. 

Le nageur prend une position très particulière, faisant en sorte que son flanc qui va de son épaule à son bassin soit positionné pareil à la carène d'un bateau. Cela demande beaucoup de souplesse et de maîtrise, surtout quand on voit que les meilleurs dossistes gardent leur tête parfaitement immobile alors que le corps se désarticule autant sous l'eau (c'est particulièrement le cas d'Irie). 

Cette ligne est matérialisée par le trait rouge sur les clichés ci-dessous. 

On voit bien la séquence: basculement du corps sur le côté avec allongement du bras devant puis appui et retour du bras vers l'arrière. Une fois le bon basculement et alignement du corps réalisé, le nageur commence le trajet de retour de son bras. 







Si on traçait ce trait rouge sur une coque de bateau, cela donnerait approximativement cela:


On remarque d'ailleurs l'importance du roulis du bassin des deux nageurs (ex: Lochte sur les deux photos suivantes) qui va à l'encontre du conseil souvent donné de garder le bassin à plat.





Bonne nage!

samedi 23 juillet 2011

Analyse d'une nageuse



Voici la vidéo d'une nageuse amateur. Elle nage le 400m en à peu près 9'. Son style est "esthétiquement" pas si mal.

Cela dit quand on y regarde de plus près on peut constater qu':

- le retour de son bras en l'air n'est pas bien exécuté: c'est un défaut très courant ; comme d'ailleurs pour l'autre nageur déjà analysé sur ce blog, elle a une forte tendance à guider le mouvement avec la main et pas le coude. Il faut comprendre qu'une grande partie de la puissance de l'appui du bras sous-marin dérive du mouvement du bras aérien. Le nageur doit nager avec ses deux bras "connectés" dans le sens où la mobilisation des muscles du tronc pour amener l'épaule aérienne de l'arrière vers l'avant va aider au trajet de l'avant vers l'arrière de l'épaule et du bras sous-marin. Si le trajet aérien du coude n'est pas bien réalisé, c'est autant de puissance en moins pour l'appui sous-marin.

- l'entrée de sa main dans l'eau a tendance à se faire par la tranche (voir photo):
- une légère tendance à croiser la ligne médiane avec un corps qui sort un peu de son axe et un "scissor kick" (coup de ciseau) des jambes trop large (deux photos suivantes):

- elle manque d'amplitude lors du retour aérien: sa main rentre un peu trop près de la tête et le coude est trop bas: si on compare avec l'autre image (celle de Phelps), on voit la différence de placement de l'épaule (plus de roulis, on voit bien son dessous de bras), du coude (le coude est encore très haut même après le passage devant la tête), de la main (la main va rentrer plus loin devant la tête).

- la tête sort trop haut lors de la respiration: sa tête ne devrait pas se redresser :

- d'une manière générale, elle donne l'impression de passer à travers l'eau et de ne pas trouver de bons appuis.

Je pense que l'explication de son manque de vitesse est avant tout un style de nage pas forcément bien adapté à sa morphologie et à ses qualités physiques; elle s'applique à nager en FQS mais pour cela elle réalise 3 choses qu'il limite beaucoup sa vitesse et sa marge de progression et font que ce style n'est sans doute pas le meilleur pour elle:

- d'abord sa fréquence de bras est trop basse surtout compte tenu de son amplitude. Elle devrait s'efforcer d'augmenter la fréquence. Cela lui fera certainement mieux ressentir l'appui de sa main et de son bras sur l'eau (car, en effet, elle donne l'impression de passer au travers de l'eau bien que son geste sous marin soit vu de l'extérieur pas trop mal); il ne faut pas croire qu'en crawl, l'augmentation de fréquence se traduit automatiquement par un plus gros niveau d'effort;

- dans la phase de cycle FQS où le bras est allongé devant et l'autre bras revient, comme elle n'utilise pas bien son coude et son battement pour continuer à générer de l'inertie durant cette phase, en fait, elle s'ancre sur l'eau à ce moment là. Le bras avant devient tout simplement un frein durant cette phase (temps mort). Pour éviter cela, il faudrait avoir un battement puissant (c'est le cas des meilleurs nageurs en FQS) et une meilleure gestuelle du coude et du tronc (combiné avec du roulis) avec beaucoup plus d'amplitude pour maintenir l'inertie;

- du fait d'un trajet du coude aérien sans amplitude, l'entrée de la main dans l'eau est trop freinante; c'est surtout visible sur le bras gauche. La main rentre trop à plat avec le bras. La chaîne épaule coude main manque donc d'amplitude et c'est autant de puissance qui ne se retrouve pas dans l'appui sous-marin sur l'autre bras (comme expliqué au début de ce post).
 
Bonne nage !

jeudi 21 juillet 2011

L'ondulation




Voici un bel exemple d'ondulation dorsale par Nathalie Coughlin. On peut observer la jolie manière dont l'ondulation est produite par le torse et pas seulement par les jambes, d'où sa grande efficacité et l'avantage prise sur ses concurrentes.



Une autre vidéo de ce même mouvement de profil est visible ici. Encore plus impressionnant!

La nageuse prend beaucoup d'angle dans sa coulée pour retarder au maximum sa remontée vers la surface.

On peut remarquer que les jambes de la nageuse sont légèrement écartées. 

Ce point est développé dans une petite vidéo de Goswim (outside-in-kick) qui montre comment certains nageurs et nageuses écartent légèrement les genoux lors de l'ondulation - un peu à l'exemple du coup de ciseau en brasse - avec un coup de fouet vers l'intérieur des mollets et des pieds.

Bonne nage!

PS: attention aux lombaires dans ce genre d'exercices.


samedi 16 juillet 2011